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Alcohol... Because no great story starts with salad (Ft Daemy)

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Piranha Cannibale
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Mer 27 Avr - 20:40

  • Daemon
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Alcohol... Because no great story starts with salad


Apprêtée comme une princesse allant à son premier bal, j’enfilais mes bottes avant de sortir. Vêtue d’une robe sobre, noire, ainsi que d’un jupon qui donnait un sacré volume à la jupe de ma robe. Le tout était accompagné un léger corset de ma création emprisonnait par-dessus la robe mes reins. Le tout était accompagné d’un petit boléro en dentelle blanche. Quant à mes cheveux, j’avais fait le choix de les relever en un chignon d’où quelques mèches rebelles s’échappaient en longues boucles éparpillées. J’apportais un contraste assez intéressant. Entre les tatouages qu’on pouvait apercevoir sur mes bras, avant d’être engloutis par les manches ¾ et pourtant… Prendre soin de moi était une habitude que j’avais perdu au fil du temps.
Je mis mes écouteurs sur mes oreilles, me coupant du monde le temps du trajet. Je tendis le bras, attrapant mon sac à main d’un coup, avant de m’élancer par la sortie. L’air frai m’accueillis, faisant voleter les quelques mèches en liberté. J’inspirais doucement, fermant les yeux. Dr Hooper disait toujours que j’avais tendance à faire trop attention au regard des autres, et que c’était pour ça que j’avais toujours l’impression que des inconnus me suivaient. Qu’en fait tous ces gens ne me voulaient pas forcément du mal, et que s’ils allaient dans la même direction que moi, ce n’était pas pour me prendre en filature mais pour, par exemple, rentrer chez eux. D’où l’intérêt du casque. Perdue dans mes pensées, la musique berçant mes pas, j’étais concentré sur les sons plutôt que sur les gens.
En l’occurrence, n’ayant rien à fichtre du reste du monde, car enfermée dans ma petite bulle, je me rendais dans un lieu bien précis mi dansant mi marchant. Ce type de musique avait tendance à me forcer à me mouvoir. Certains auraient sans doute peur de tomber et de se faire voir. Mais comme pour beaucoup de chose, j’y allais au culot. Généralement, ça allait toujours mieux juste après une visite chez mon psy. C’était toujours comme ça. Comme si de raconter ma vie ennuyeuse de tatoueuse parano à ce petit homme m’apaisais. Bon… Je savais que raconter ses malheurs à Jiminy, ça forçait le respect. Arrivée devant la bâtisse recherchée, je levais mes yeux lilas à la recherche de cet éternel lapin blanc sur la devanture, annonçant le bar. J’étais une habituée. Ho je n’étais pas alcoolique notoire. Je ne pouvais pas non plus avoir toutes les tares du monde non ?! Mais j’avoue que un petit verre d’élixir de temps en temps ne pouvait pas faire de mal ! Après tout ça ne pouvait pas faire rouiller mon œsophage. Et la sensation de chaleur qui se dégageait lorsqu’on avait en bouche un alcool fort était… Délicieuse (à petite dose. J’étais tellement parano que je ne supportais pas de me bourrer tout simplement la bouille et me retrouver le lendemain sans souvenirs. C’était, d’après moi, intolérable ! Et fichtrement suspect. Me connaissant, j’allais croire que la magie avait quelque chose à voir là-dedans.)
Je passais donc la porte avec aisance. Espérant de tout cœur voire mon ami. C’était bizarre de se lier d’amitié avec quelqu’un comme je l’avais fait avec Daemon. Ce type… Je le croisais PARTOUT. J’allais voir mon psy, il était là, j’allais faire mes courses il était là, j’allais boire un verre, toujours aussi présent. Des fois je m’étonnais de ne pas le voir au détour de ma salle de bain en sortant de la douche ou planqué dans mon frigo a attendre que je l’ouvre pour sortir tel un diable de sa boîte en me hurlant à la face « Surprise ! ». Bon… En connaissant un peu mieux le personnage, je pouvais vous assurer que jamais JAMAIS il n’irait jusqu’à ce plier pour rentrer dans mon frigo et me hurler à la figure « Surprise ! ». L’ami en question était plus subtil. Enfin… Toujours est-il qu’un jour j’avais explosé (Dr Hooper aurait dit que je faisais une décompensation de ma paranoïa schizoïde aigüe, ou une bêtise du genre que je ne comprenais absolument pas. ) et j’avais eu une cession d’explication incroyablement… Calme. Moi qui avait tendance à bouillir de colère, faire et dire des choses que j’allais regretter toute ma vie et qui allaient me pousser à me cacher sous ma couette jusqu’à la fin de mes jours, et croyez-moi… cela aurait été TRES TREEES long… Hé bien tout cela n’avait eut d’autres effets que d’amuser notre jeune éphèbe. Depuis il avait tendance à me chambrer pour tout et pour rien. Et je lui rendais bien la monnaie de sa pièce. En fait on s’entraînait l’un l’autre dans nos joutes verbales. Puis ensuite je lui racontais ma vie de A à Z, et lui me donnait des conseils. Il faut dire que le jeune homme était une des rares personnes avec qui je sois réussi à avoir un lien assez… Semblable à de l’amitié. En fait j’étais le genre de fille assez asocial. Non… En fait j’étais gentille, mais les gens avaient généralement du mal avec moi. J’étais extrêmement méfiante, et eux pas assez patients pour m’apprivoiser réellement. Si j’avais été, dans une autre vie, un animal, j’aurais sans doute pu être un chat. J’étais dans ledit bar, cherchant des yeux Daemon que j’étais sensé venir embêter ce soir.

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Sam 30 Avr - 18:45



Alcohol... Because no great story starts with salad


Victoria O'Donnel & Daemon McDonalds



C'était une de ses journées où on aurait pu se dire que rien n'allait, du moins quand on ne s’appelait Méphistophélès. Rien qu'en se levant ce matin par exemple, la cafetière l'avait lâché, puis il avait rencontré le chien du voisin, qu’il s’était chargé de faire fuir d’un regard de braise rougeoyante, alors qu’il roulait jusque chez Granny pour obtenir sa dose de caféine. Ce n’était qu’après qu’il s’était finalement rendu au Rabbit Hole. Même si le bar n’ouvrait pas si tôt, en tant que propriétaire il avait tout de même quelques affaires à gérer, notamment un souci de plomberie, un des lavabos qui ne se vidait pas correctement, et trouver un plombier ce n'était pas toujours simple. Gérer un tel endroit ce n’était pas de tout repos et contrairement à l’image qu’il renvoyait, Daemon ne faisait pas toujours que s’amuser. Bien que c’était le cas la plupart du temps. Il avait ainsi bataillé une partie de l’après-midi au sujet du rangement des bouteilles et autre avant de s’accorder une bonne dizaine de minutes de calme pour ensuite s’enfermer dans son bureau afin de se charger des recettes de la veille.

La soirée arriva vite. Il était repassé chez lui pour se changer rapidement après cette journée, afin de pouvoir faire acte de présence et ainsi profiter lui aussi de l’ambiance du bar. Toujours élégamment habillé avec sa chemise bleu nuit et sa veste de costume noire, après tout il se devait de marquer les esprits, il était le diable ! La soirée commençait donc comme tous les autres soirs. Les serveurs se chargeaient de préparer les tables tandis que lui s’occupait d’accueillir les premiers clients. Comme d'habitude, les plus fidèles étaient les premiers à passer la porte. Ils commandaient pratiquement toujours les mêmes boissons mais certains amenés des personnes différentes. Et comme la plupart des soirs c'était un vrai défilé, entre les habitués et les petits nouveaux, l’alcool était un véritable remède dans cette ville. Et lui se faufilait à travers la foule comme une ombre pour tenter de se trouver une place, choisissant finalement une table non loin de deux jeunes femmes qui lui arrachèrent un sourire lorsqu’elles croisèrent son regard.

Engageant finalement la conversation, voilà finalement comment il s’était retrouvé appuyé contre la table des deux jeunes femmes. Une qui finalement se vantait beaucoup alors que l’autre faisait simplement la conversation. Levant les yeux au ciel, pour masquer son ennui, le génie ajouta un sourire forcé avant de se détacher de la table.

-Si vous voulez bien m’excuser… il faut que je m’assure que les affaires roulent.

C’était plus pour la forme qu’autre chose mais il se fichait bien de la conversation qui n’avançait pas. Fendant la foule pour tenter de rejoindre le bar, une autre femme l’entraina, l’attrapant par le bras, le fixant comme si elle venait de voir un plat qui l'intéressait sur la carte d'un restaurant. Arquant un sourcil, il tenta de se défaire de la prise de l’inconnue sans le moindre succès, elle trouvait toujours le moyen de se raccrocher. Oh ce n’était pas une première, il avait cette aura étrange et savoureuse qui semblait attirer les autres vers lui comme la flamme attirerait un papillon. Quelque chose d’un peu malsain et magnétique à la fois qu’il ne pouvait refreiner parce que c’était simplement sa façon d’être. Il réussit toutefois à se débarrasser d’elle en tapotant sur l'épaule d'un autre type pour les présenter, et le stratagème sembla fonctionner.

-Tes admiratrices se sont toutes données rendez-vous ce soir.

Il avait finalement réussi à atteindre le bar où la barmaid qui avait assisté à toute la scène l’accueilli avec un sourire narquois, pour ne pas dire moqueur.

-Ne m’en parle pas !

Alors que la baronne s’occupait de servir un verre au client d’à côté, Méphisto lui observait les gens présents dans le bar, certains dansaient, d'autre parlaient ou étaient installer à tables avec des boissons. Scannant l'ensemble des personnes à la recherche d'un quelconque individu voulant nuire à son club. Sans espionner, il arrivait à distinguer les conversations alentour malgré la musique avant de remarquer finalement du coin de l’œil une jeune femme plus digne de retenir son attention, lui tirant un sourire satisfait.

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Piranha Cannibale
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Mar 3 Mai - 20:50

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J’étais venue à la base pour passer du bon temps, c’est pour cette raison que je pris un cocktail que j’avais apprécié la dernière fois. Il était bleu, sucré, et tellement bien dosé qu’on ne sentait pas l’alcool. C’était dangereux, certes. Mais je devais vous avouer une chose. Etant venue à pied, je n’en avais rien à fiche de revenir sur mes jambes ou sur les mains. La musique ne manquait pas de peps, et je me surpris, verre à la main, à secouer doucement mon corps au rythme de la musique. Pas de doute, j’allais venir me déhancher sur la piste après. Pour l’instant j’avais finis par m’installer dans un des boxs du bar. J’avais en ligne de mire l’ami que j’étais venue enquiquiner. Mais pas besoin de moi pour qu’il soit harcelé par d’autres demoiselles. Enfin… Des demoiselles qui avaient déjà dans l’optique de mettre le jeune homme dans leurs lits. C’était carrément hilarant. Enfin toujours est-il que si Daemon voulait un jour se caser, ça risquait de faire des jalouses. En même temps… On ne pouvait pas vraiment leur en vouloir. Après tout… Un charisme presque surhumain s’échappait du jeunot. Un charisme qui semblait étinceler et sublimer toute sa personne. Je m’amusais à faire des bulles dans mon verre, en observant une particulièrement insistante. Dans une autre vie elle aurait sans doute fait un merveilleux bulldog puisqu’elle semblait tellement accrochée à lui qu’un pied de biche n’aurait pu la décrocher. Mon regard se perdit un instant dans le bleu hypnotique de mon verre. Est-ce que moi j’aurais pu me donner en spectacle pour un homme, et en plus pour un inconnu ? Non… Je ne pense pas puisqu’au plus profond de moi, une peur primale subsistait. Cette peur qui me forçait à ne regarder que devant moi, à ne pas m’attarder plus que ça sur mon passé. Les hommes… Ils me font peurs, plus que de raison ils m’effraient. On sent au fond d’eux quelque chose qui peut à tout instant les pousser vers des chemins sinueux et sombres. Mon cœur avait dû s’assombrir lui aussi avec le temps. Puisque pour me défendre j’étais prête aux pires infamies. J’étais prête à faire ce qu’on m’avait moi-même fait. D’agneau des mers, j’étais devenue le loup. Pas n’importe quel loup. Le plus dangereux. Le loup blessé. Acculez-le, approchez-vous, et il vous mordra. Il vous rongera… Il se vengera. Mais j’en avais plus qu’assez d’être faible. De laisser ce loup en liberté. Alors je l’avais mis en cage. J’effleurais du bout de mes doigts pâle ce loup sur mon avant-bras. La bête était entouré d’une épaisse chaîne. C’était mon loup, ma part d’ombre que je muselais chaque jour de ma vie jusqu’à ce que je ferme définitivement les yeux. Cette bête aux yeux de braises accompagnerait chacun de mes pas et laisserais une étincelle de folie au fond de mes yeux, mais muselée elle ne présentait aucun danger. J’avalais une gorgé d’alcool, laissant ce dernier brûler mes papilles et purifier mon intérieur. Vous savez ? Cette étrange sensation après un verre que vous êtes plus propre, libérée de bien des soucis. Etant une créature de la nature, je ne tenais absolument pas l’alcool. Et ce verre allait sans doute m’émécher mais qu’importe. Au moins je me coutais moins cher.
Etait-ce de la folie que de se lever ? Je ne me rendis pas compte tout de suite que je m’étais approchée de Daemon. Pas plus que je venais de tirer sa manche comme une enfant apeurée. Je fermais les yeux, muselais ce loup, enfermait tout ce qui me rongeait dans ce coffre intérieur. Toutes ces douleurs, je les rangeais avec soin dans ce coffre, m’enfermant moi-même dans un carcan de mensonge et alimentant sans cesse la machine de ma folie. Lorsque la chaudière allait exploser, il sera dur de se reconstruire. Un peu de courage bon sang. Ne te laisse pas sombrer, soit forte. En rouvrant les yeux, la lueur qui brillait au fond de mon regard était le courage, mais une autre étincelle pétillait gaiment. Une étincelle fichtrement plus dangereuse.

« Je vois que trop de femmes gravitent autour de toi pour que tu me remarques, pourtant ça ne te dérangeait pas de me suivre partout… »

J’avais mon verre à la main, portant la paille à ma bouche, j’aspirais encore de mon doux et languissant poison, avant de m’éloigner en éclatant de rire, choisissant de bouger avec grâce et retenue. La plupart des femmes que je voyais n’hésitaient pas à exhiber leurs petites culottes pour attirer le plus de mâles en rut… Pathétique… Vulgaire… Idiot. Moins on en attirait dans nos filets, mieux nous nous portions. J’avais des choses très importantes à dire à Daemon. J’avais besoin d’aide. Et cet homme était peut-être un stalker, mais il avait toujours des conseils. Bon ou mauvais…Il avait toujours un commentaire ou un conseil au bout de la langue. Alors j’avais choisis de le voir directement à la source… Ou plutôt au bar ? Toujours est-il que mon regard était fixé vers lui. La politesse, la bienséance ? Qu’elles aillent se faire voir. Je ne mange pas de ce pain-là. Surtout que ce pain est sacrément étranger pour moi.


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Ven 6 Mai - 2:05



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Victoria O'Donnel & Daemon McDonalds



Atteindre le bar s'était révélé être le parcours du combattant, mais Daemon avait réussi tant bien que mal à se défaire d'une pieuvre et d’éventuels autres embuches. Ce genre de chose lui arrivait assez régulièrement, c’était les quelques inconvénients d’être la star de l’endroit, on ne passait pas inaperçu entre toutes les petites frasques et habitudes qu’il affichait en vile, et sa réputation qui bien souvent le précédait. Et de ce fait, beaucoup se faisaient curieux à son égard. Ce n’était  pas sa faute si il aimait venir s'assurer que tout se passait bien, l'alternative étant de rester enfermé dans son bureau, chose qui ne lui plaisait pas vraiment. Et puis Méphisto était le boss ici et de ce fait dans presque tous les cas, le diable était forcé de sourire, de faire des compliments et d'être un brin charmeur. Après tout, ça c’était son image de marque. Une fois le comptoir atteint donc, le génie attendit patiemment un verre mais les clients étaient nombreux. Tant pis il s'en chargerait personnellement. Aussi, après un œil à la salle il tendit le bras par-dessus le comptoir dans un soupir. Certes, il était du mauvais côté mais il savait précisément ce qu’il cherchait et surtout son emplacement. D’ailleurs, ses doigts ne tardèrent pas à rencontrer le capuchon d'une bouteille de bourbon lui tirant enfin un sourire.

-Bingo !

Il intercepta un regard noir de la barmaid qui s’était éloignée le temps de servir les autres clients. Elle n’aimait pas qu’il empiète sur son territoire et surtout sur son job. Déjà que la malédiction de la reine avait inversé les rôles entre eux. Mais ça ne les empêchaient pas l’un et l’autre de s’envoyer leurs éternelles piques.

-Tu sais ce qu’on dit … On n'est jamais mieux servi que par soi-même...

Il ne put toutefois profiter de son petit moment cabochard avec la baronne, se faisant surprendre et il faut bien le dire un peu prendre au dépourvu lorsqu’une main attira son attention en le tirant par la manche et qu'une odeur un peu sucré le pris au nez. Il plissa un peu du front, s’attendant à voir pendu à son bras une de ces habituelles demoiselles saoules qui rêvaient d’une discussion avec le diable en personne.  Mais son regard curieux ne rencontra que celui lilas de Victoria qui pétillait de ce mélange curieux que pouvait parfois donner l’alcool à certain.

-Je vois que trop de femmes gravitent autour de toi pour que tu me remarques, pourtant ça ne te dérangeait pas de me suivre partout…

Daemon devait bien l'appuyer sur cette idée: certaines personnes étaient parfois beaucoup trop insistantes dans l'idée qu'il n'avait envie que de ça, discuter, pour ne pas dire plus, avec elles. Mais par principe, il secoua négativement la tête, doucement. Il ne se formalisait pas davantage qu'on l’aborde, après tout il assumait ce style de vie complètement décomplexé et séducteur qu’il avait, c'était une habitude à prendre, une fois de plus, lorsqu'on portait son propre nom. Et ça n'arrivait pas forcément tous les jours, ce n'était pas non plus comme s'il était un acteur ou chateur: même si son nom et ses petites habitudes avaient largement fait tout le tour de la ville. Sortez-le de là et il devient incognito ou presque, il ne fallait pas non plus exagérer. Parce qu’attirer l'attention sur lui était vraiment un véritable talent et qu'il était certes capable de faire son nom où qu'il aille.

-Oh Vic’ ! Sur ces simples mots, un sourire et un rire amusé franchirent ses lèvres alors qu’il récupérait son verre posé sur le comptoir pour se tourner complètement vers elle. Je ne te savais pas si jalouse … Rassures-toi tu resteras toujours celle que j’aime suivre et espionner le plus ici.

Ca l’amusait depuis le premier jour où elle était venue lui mettre les points sur les i cette histoire. Et il ne ratait jamais l’occasion de le rappeler ou de la faire tourner un peu en bourrique avec ça. Et sans le vouloir elle avait au fond réussi à focaliser complètement l’attention du diable sur sa personne ce jour-là. Car même si ils s’étaient croisé un nombre incalculable de fois en ville, durant leurs courses ou à chacune de leurs séances chez le Dr Hopper, lui n’y avait jamais attardé toute son attention. Mais le coup d’éclat de la jeune femme avait révélé au diable une étincelle de sa personnalité qu’il s’amusait depuis à entretenir.

Oh bien évidemment il appréciait réellement la jeune femme et il avait alors décidé de lui-même de la pousser à se révéler toujours plus. Le Dr Hopper lui avait d’ailleurs glissé à ce sujet que sa propension à manipuler tout un chacun venait d’un besoin compulsif et maniaque de tout contrôler. Chose à laquelle il avait répondu d’un rire avant de lui expliquer que sa seule motivation n’était que le jeu et le challenge que cela lui apportait. Enfin le pauvre docteur était de toute façon habitué vu la longue liste de vices et de défauts dans lesquels se complaisait son client. Pourquoi avait-il continué les séances une fois la malédiction levé et sa mémoire revenue ? Tout simplement parce qu’il en avait pris l’habitude et que les séances avec le petit homme était bien souvent des plus distrayantes.

-Que veux-tu, ma réputation me précède il semblerait.

Sur cette nouvelle pique, il avait finalement avalé une gorgée de l’alcool ambré avant de suivre la jeune femme qui s’éloignait à travers la foule en se déplaçant au rythme de la musique. Victoria avait décidément toujours ce petit quelque chose en plus d’amusant qui le faisait sourire à chaque fois qu’il la croisait. Attention cela n’avait rien de moqueur soyons bien clair. Et bien qu’il fut tenté de l’entrainer vers la piste de danse, le génie la rattrapa et passa un bras protecteur dans son dos pour finalement l’inviter à le suivre jusqu’à une table plus tranquille. Ils s’installèrent donc finalement confortablement dans l’un des canapés, et Daemon posa vite son verre sur la table.

-Voilà je suis tout à toi. Santé !

Il avait lâché cela d’un ton parfaitement neutre, levant son verre quelques secondes, observant la jeune femme avant de boire une nouvelle gorgée. Durant un cours moment de silence, il jeta un long regard à Victoria. Quelque chose n'allait pas il pouvait le voir, la connaissant presque par cœur depuis cette rencontre mouvementée et toutes celles qui avaient suivi. Il savait très bien que quelque chose clochait mais quoi ?

-Tu me sembles contrarié ? ... Ne me dis pas que c’est à cause de toutes ces femmes à mes basques ?

Une pique ironique, comme toujours pour noyer son flot de bon sentiment derrière ses joutes verbales habituelles qu’ils avaient entre amis. De toute façon, il n’avait pas besoin d’en dire plus, attendant des explications qui viendrait surement. Au pire la pique suffirait toute seule à les provoquer. Beaucoup étaient persuadé que le diable n’était que superficialité, amusement, luxure, grandiloquence et égocentrisme. Ce n’était certes pas complètement faux mais il était surtout beaucoup plus observateur et attentif aux autres qu’il ne le laissait simplement paraître. Oh bien sûr il ne faisait absolument rien pour changer cette image qu’on avait de lui, bien au contraire.

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Mar 10 Mai - 21:45

  • Daemon
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Je plongeais mon regard si particulier dans les pupilles de Daemon. L’alcool n’était pas vraiment fait pour moi en tout cas, cela me faisait broyer du noir, enfin… Je suis pas au top niveau sobre, alors imaginez-moi saoule ! Quoi que… je n’étais jamais allée jusqu’à la gueule de bois, j’ignorais si mon caractère allait changer radicalement.

-Oh Vic’ ! Je ne te savais pas si jalouse … Rassures-toi tu resteras toujours celle que j’aime suivre et espionner le plus ici.


Levant les yeux au ciel et poussant un soupir à en fendre l’âme, je finis par plonger mes yeux si étranges dans les siens. On pouvait y lire une certaine vivacité bien cachée par les relents d’alcool qui embrumait mes yeux.

« Mouais c’est ça… J’suis pas jalouse d’abord ! Va en enfer mon chou. »

C’était sans cesse ça, un échange constant de vannes un peu toutes pourris. Mais cette relation à la fois conflictuelle mais aussi proche me plaisais. C’était mon ami. Aussi étrange que cela puisse paraître. Pas le type d’ami qu’on invite les dimanches après-midi pour une partie de Monopoly, plus le genre à me saisir d’une batte de baseball et dérouiller le premier venu qui lui fait une crasse. J’étais délicate et pacifiste comme fille, comme toujours. Bon j’étais un peu zinzin. J’avais finis par raconter toute mon histoire à mon psy. Il parlait d’une forme de « Stress Post Traumatique ». J’avais quasiment regardé la mort dans le blanc des yeux. Pour lui c’était suffisant pour être instable et prête à péter les plombs à tout moment. Il pensait aussi que je souffrais de « Paranoïa a forme Schyzoïde ». Bref tout un jargon médical. Des noms Incompréhensibles sur des comportements que moi-même je ne contrôlais ni ne connaissais. J’étais un jouet cassé, et je me demandais bien pourquoi les gens s’intéressaient à ma frimousse. C’est vrai… Un jouet, ça se jette si facilement, surtout s’il est cassé, ça s’oublie en haut d’une étagère. Mes grands yeux observaient le vide. J’étais comme déconnectée de la réalité.

-Voilà je suis tout à toi. Santé !


Alors que je m’étais éloignée, un bras s’était posée sur mon épaule, rendant la proximité entre moi et notre diablotin en chemise de marque très diminuée. Je levais la tête, avant de me laisser sagement entraîner là où il souhaitait. Un sourire mutin sur le visage.

« Tu parles mon jeune ami, le jour où tu seras tout à moi n’est pas encore venu. »


Je portais mon verre à mes lèvres pleines peinturlurés de rouge pâle pour l’occasion, avant d’engloutir doucement le liquide bleuté. Mon esprit était déjà brumeux, mon raisonnement dur, ce verre achevé cul sec troubla encore plus mon cervelet. En bonne créature stupide de la mer et de la nature, je n’avais jamais bu d’alcool. A part peut être une fois avec Nemo. Un sourire d’imbécile heureuse s’étira sur mon visage alors que petit à petit, mes inhibitions s’envolaient comme des vêtements qu’on jette à ses pieds.

-Tu me sembles contrarié ? ... Ne me dis pas que c’est à cause de toutes ces femmes à mes basques ?


Contrariée… Contrariée… Pourquoi étais-je si contrariée ?! J’attrapais ce fin fil de pensée, le remontant progressivement. La lucidité dévora un instant mon regard alors que je les posais sur mes fines mains. J’étais en train de mâchouiller pensivement ma paille. Devais-je lui dire ? Ou pas ?

« Je me fiche pas mal de ces femmes, des filles frivoles. Je vaux mieux que ça. »


Je regardais du coin de l’œil une femme. Sa jupe tenait plus de la micro que de la macro. Certes j’étais bizarre, mais j’avais mon amour propre. Cet amour propre auquel je m’étais accrochée toutes ces années. Ces gens pouvaient me jeter tous les regards qu’ils voulaient, j’avais ma dignité, elle me venait d’une autre époque, mais c’était quelque chose que je chérissais. J’étais droite dans mes bottes. Pas comme toutes ces vipères, je laissais échapper un sifflement pas très humain, mais je mis du temps à m’en rendre compte. Je secouais doucement la tête, avant de faire le tour de mon verre avec mon doigt.

« J’ai retrouvé une vieille connaissance. Mais je ne sais pas trop ce que je ressens. C’est… Compliqué. Ça me travaille beaucoup en ce moment. »



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Sam 14 Mai - 1:27



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Victoria O'Donnel & Daemon McDonalds



-Mouais c’est ça… J’suis pas jalouse d’abord ! Va en enfer mon chou.

Il lui avait souri, de ce petit air taquin qu'il réservait aux gens, à son publique régulièrement, mais c'était un comportement naturel, chez lui, autant sur scène que dans la vie de tous les jours. Quant à son regard, il était plus vibrant que jamais. Le sourire malicieux de Daemon s’élargit pour laisser entrevoir ses canines aiguisées. Ah qu’il aimait ce petit jeu. Et il y prenait d’autant plus de plaisir quand son adversaire avait un minimum de répondant. Quand bien même il avait souvent le dernier mot. Mais envoyer le diable en enfer… Oh ça le faisait plus que rire. Parce que l’enfer devait être bien doux comparé à une vie entière coincé dans un briquet. Mais c’était culoté de la part de Victoria, quand bien même son démenti sur sa prétendue jalousie sonnait étrangement comme une confirmation aux oreilles de Méphisto. C’était ce qu’il aimait chez elle, son effronterie. C’était simplement dommage qu’elle ne la montre qu’en sa présence ou presque et qu’elle la dissimule le reste du temps. Pourtant elle était tellement sûre d’elle dans ces moments, plus sûre qu’elle ne l’avait jamais été derrière son comptoir de petite tatoueuse. Il était temps qu’elle le reconnaisse.

-Oh crois-moi Vic, je connais déjà très bien l’enfer et … tu as vraiment l’air jalouse.

Oui, non, il ne pousserait pas la plaisanterie davantage s'il la sentait se rebuter encore devant celle-ci, aussi lui accorda-t-il un drôle de clin d'œil avant de finalement l’entrainer à travers la foule de client.  Un éclat rouge passa toutefois dans ses prunelles alors qu’il trinquait dans l’air avec elle. L’Enfer. Si c’était une pique menaçante que voulait lui lancer la jeune femme elle tombait un peu côté. Parce que lui il n’avait pas peur de l’enfer. Cet enfer qui effrayait les hommes depuis des millénaires. Lui ça l’amusait. Le monde des morts n’était pas l’enfer, pas pour lui. Car l’enfer il le vivait déjà d’une certaine façon. Son enfer à lui ce n’était rien d’autre qu’un briquet maudit. L’enfer du monde des morts n’était qu’un terrain de jeu pour enfant à côté de sa prison. Cette prison qui n’était rien d’autre qu’un univers grisâtre. Depuis combien de temps maintenant était-il lié à ce briquet ? Il commençait à doucement perdre le compte des mois et des années, enfermés entre quatre murs qu’il avait été la plupart du temps. Quatre murs dont il ne sortait de toute façon que pour satisfaire la curiosité et les désirs malsains et idiots de simple d’esprit. Alors quoi d’étonnant à ce qu’il manipule à chaque fois ses maitres pour s’assurer le plus long moment de liberté possible. Est-ce que son mal aurait-été moindre si il avait fini par accepter de retourner l’eau à Nyx ? Peut-être, mais la résignation ne l’avait pas encore suffisamment gagné pour qu’il se voit renoncer à ses pouvoirs de génies. Ca lui demandait des efforts certes, mais il avait bien l’intention de garder intacte cette savoureuse façon de jouer les arnaqueurs tant qu’il lui restait une étincelle de vie et une chance, même infime, de l’emporter face à l’adversité au lieu de plier devant elle.

-Tu parles mon jeune ami, le jour où tu seras tout à moi n’est pas encore venu.

Ah on y était. Les taquineries sur son libertinage et ses petites dépravations. Il lâcha un léger rire, ce n'était pas la première fois qu'on lui en faisait la remarque, mais en général les personnes le faisaient indirectement, elle l'avait fait franchement et c'est ça qu’il appréciait. Il décida de répondre sur le même ton que la jeune femme, les coudes appuyés sur la table et le verre non loin.

-Dois-je en déduire que tu serais finalement intéressée par l’idée de m’avoir pour toi seule ? … Intéressant.

On ne pouvait pas gagner au jeu des sous-entendus contre le diable. Il trouvait toujours moyen de faire une plaisanterie d’un goût un peu douteux. Ou alors il trouvait le moyen de se placer au centre de vos intérêts. Et plus on répondait et plus il s’amusait. D’ailleurs la réponse de Victoria à sa pique suivante ne manqua pas de tomber. Bien que la pique avait eu pour premier but de faire passer sa question première pour autre chose que de l’inquiétude. Parce qu’il était le diable. Ses yeux scannèrent d’ailleurs la brunette, comme si la véritable réponse de la jeune tatoueuse allait lui sauter au visage... Parce qu’il avait la sensation que ce n'était pas une simple visite de courtoisie. Non il y avait autre chose.

-J’ai retrouvé une vieille connaissance. Mais je ne sais pas trop ce que je ressens. C’est… Compliqué. Ça me travaille beaucoup en ce moment.

On y était. Quand bien même le sifflement peu humain l’avait déjà largement sur la voie du genre de tracas qui occupait l’esprit de Victoria. Quelque chose lui disait qu’il n’était pas seulement adressé à toutes ses femmes aux mœurs légères.

-Une connaissance ? Allons Vic’ on ne se trouble pas juste pour une simple connaissance.

Méphisto avait, parfois, l'impression de comprendre ce que personne ne comprenait. De voir ce que nul autre ne voyait. Les petits détails du quotidien, qu'on ignorait, qu'on ne remarquait pas et qui lui sautait, lui, violement aux yeux. Il ne remarquait pas que la profondeur du décolletée évident de toutes ses filles qui lui faisait des avances, ni la couleur des tissus dont elles se paraient fièrement. Par exemple à la table qu’il avait quitté plus tôt, il avait surtout remarqué la rougeur sous l'œil, irritation, signe qu'elle venait de se frotter pour chasser quelques traces de maquillage ayant coulé parce que son mec venait de la plaquer. Il avait remarqué ses dents taché de vin rouge, signe qu'elle cherchait à faire comme si de rien n'était, mais qu'elle en souffrait malgré tout beaucoup. Chez sa voisine, il remarquait qu'elle s'était cassée un ongle en essayant de verrouiller la lourde porte grinçante de son appartement. Ca et la chaine argent qu'elle portait et qu'elle prétendait être un héritage pour ne pas se prendre la honte de dire que c'était du toc et qu'elle n'avait pas les moyens de se procurer plus dispendieux compte tenu de ses finances médiocres.

Quant à Victoria … Malgré toutes les mauvaises vannes, chez elle, il remarquait la ligne rougit a la base de sa nuque, là où elle avait soigneusement remonté sa chevelure brune fraichement lavée qui sentait un brin la noix de coco. Il avait même depuis longtemps remarqué les marques sous l’encre de ses bras et de ces petites parcelles de peau qu’elle osait montrer. Il n’en avait juste jamais parlé, jamais voulu poser la moindre question. C'était aussi ça, être le diable. On le disait particulièrement distrait, particulièrement je m’en foutiste. C'était peut-être ça. Lui pensait plutôt que ses oublis ou ses courtes préoccupation du moment présent, alors qu'il tournait son attention sur quelque chose de plus intéressant, n'était autre que le fruit d'une attitude maniaque à tout comprendre, à tout voir et à tout observer. Il analysait systématiquement tout ce qui tombait dans son champ visuel. Comme une obsession parfois dérangeante. On ne s'en rendait pas compte, mais le diable était finalement bien dans les détails.

-C’est amusant… je crois que c’est la première fois que je te vois autant hésiter à me parler, et pourtant je sais à quel point tu peux être vive … Pourquoi au juste ? Pour quoi ? Pour qui ? Soit c’est très grave, soit tu mets en doute mes compétences… Et je sais que tu es quand même plus intelligente que ça…

Généralement, il avait auprès de la demoiselle plutôt le rôle de l’oreille attentive, l’épaule confortable, malgré les piques et les mauvaises blagues de gamins. Portant son verre à ses lèvres, il avait plongé son regard aux iris noirs dans celui de Victoria, comme une confrontation et une invitation à la fois pour jauger de ses réactions. Il avala même une longue gorgée de son bourbon, un geste bien plus naturel chez lui que chez elle qui semblait se cacher derrière ce verre qu’elle avait vidé cul sec.

-Je t’offre un autre verre ?

Est-ce qu’il cherchait à la saouler ? Ca aurait pu en effet, l’optique aurait surement été amusante, mais pour cette fois il se demandait surtout si elle n’avait pas besoin de cette dose de courage liquide, de ce poison qui déliait les langues.


◈ ◈ ◈











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Ven 20 Mai - 22:25

  • Daemon
  • Victoria
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Penchant la tête, je regardais Daemon à la dérobé. Mon esprit malade m’emmenait à des lieux de là. Syndrome post-traumatique ? Peut-être. Folie ? Assurément. Un sourire tordit mon visage. Une lueur de lucidité inquiétante traversa mon visage assez longtemps pour que je m’en rende compte.

-Oh crois-moi Vic, je connais déjà très bien l’enfer et … tu as vraiment l’air jalouse.


Alors que je regardais le diable dans les yeux, un doux sourire s’afficha sur mon visage. Je me penchais pour m’approcher de lui et donner un poids certains aux paroles insouciantes que je prononçais. Au fond de mes yeux brillait lucidité et froideur.

« Moi aussi… Je connais l’enfer, c’est très surfait, et même si je suis jalouse, je ne te le dirais pas ! ça te ferait trop plaisir. »

BON je ne connaissais pas l’enfer tel que le supposait Daemon… Mais mon tête à tête de quelques mois avec un dénommé Barbe Bleu (BB pour les intimes) m’avais persuadée d’avoir entrevue l’enfer un bref moment. J’avais une tête de mule sur certains sujets, je m’en cachais pas. J’étais têtue, je restais bien souvent campé sur mes positions. Un petit bout de femme énergique et nerveuse, mais qui pouvait receler une douceur infinie si on grattait bien l’armure que j’avais moi-même forgé.

-Dois-je en déduire que tu serais finalement intéressée par l’idée de m’avoir pour toi seule ? … Intéressant.

Un haussement d’épaule répondit à sa question, c’est une réponse qui n’engageait à rien, et je le savais très bien, on pouvait dire tellement de chose derrière ça « oui… Mais non. » « Un peu… » « Ouais c’est vrai ». Quelle était la réponse ? Je n’en savais rien moi-même.

-Une connaissance ? Allons Vic’ on ne se trouble pas juste pour une simple connaissance. C’est amusant… je crois que c’est la première fois que je te vois autant hésiter à me parler, et pourtant je sais à quel point tu peux être vive … Pourquoi au juste ? Pour quoi ? Pour qui ? Soit c’est très grave, soit tu mets en doute mes compétences… Et je sais que tu es quand même plus intelligente que ça…

De nouveau je penchais la tête, figeant mon regard sur Daemon. Lui… C’était un peu comme mon confident. Je pouvais tout lui dire. BON C’était bizarre d’avoir ce genre de relation avec lui (surtout en connaissant son secret qui n’en était pas vraiment un) mais je me complaisais dans cette impression de confiance qu’il m’inspirait. Je réfléchis un instant à ce que je pouvais lui dire, avant de tout déballer. J’attrapais sa main qui était sur la table pour la serrer doucement.

« J’ai toute confiance en toi… Et tu sais bien la place que tu occupes. Ça ne va pas changer du jour au lendemain, enfin… Normalement. En fait le truc c’est que Je l’ai retrouvé… J’ai retrouvé ce tout premier humain a avoir croisé ma route. Je me sens toute étrange depuis. C’est bizarre, je crois que j’ai attrapé froids, parce que le même jour je me suis baignée. Mais c’est bizarre… Je n’ai jamais été vraiment malade. »


J’avais beau me triturer les méninges… Je comprenais absolument pas ce qu’il se passait, et je comptais vraiment sur Daemon pour m’aider. Mon regard se perdit dans le vide. Cet homme m’avait toujours aidé à y voir plus clair. Plus que Archie qui se contentait de m’écouter sans rien dire. Daemon m’aiguillait, me guidais, et c’était tout ce dont j’avais besoin.

-Je t’offre un autre verre ?


Je regardais ce verre désespérément vide. Avant que de ma bouche s’échappe que quelques mots.

« Pourquoi un verre vide est aussi triste ? »


Et pourquoi moi, j’étais dans le même état d’esprit que ce verre ? Un gloussement s’échappait de ma gorge. En fait non… J’étais un peu plus guillerette que ça. Un éclair de folie traversa mes yeux, j’avais envie de remplir ce verre comme moi, j’avais envie de me remplir. Des fois j’avais l’impression d’être une carcasse vide de toute vie. J’effleurais du bout du doigt mon verre, il était presque aussi froid que mes doigts. Je lui tendais ce dernier en lui lançant un regard suppliant.

« Volontiers vil tentateur. »


Un autre sourire, puis je reposais doucement la tête sur mes bras croisés. Regardant le jeune homme à travers quelques mèches de cheveux.

« J’ai l’impression de perdre pied. Je crois que je vais finir par ne plus pouvoir m’accrocher nulle part… Je veux pas qu’on… Qu’il me voit comme ça. J’veux pas le faire fuir. J’ai peur. »

Je secouais la tête, je VOULAIS me délester de tous ces soucis, je voulais qu’ils s’envolent. Je voulais tout oublier, au moins pour cette nuit, au moins pour aujourd’hui, que ma peau soit un peu moins lourde à porter. Je voulais boire jusqu’à oublier qui j’étais, me noyer totalement, sombrer. Tout simplement. Mon regard était pétillant, rempli d’envie, de désir.

...



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Dim 29 Mai - 2:36



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Victoria O'Donnel & Daemon McDonalds



L’enfer n’était pas unique. Chaque être vivant avait son petit enfer personnel car ce qui était le pire pour l’un ne l’était pas forcément pour l’autre. L’enfer. Un mot des milliers de définitions. Il n’avait pas voulu dire qu’elle ne connaissait rien à l’enfer. Il était assez observateur pour deviner ce qu’elle cachait dans les profondeurs de son âme. Il avait juste répondu du tac au tac. Il était le diable après tout. Un diable qui face à sa répartie partagea son sourire alors qu’une lumière rouge s’allumait dans son regard, réponse à sa lueur froide alors qu’elle se penchait vers lui. Il aurait pu soutenir sa position pendant des heures durant mais finalement la jeune femme se détacha pour mieux lui offrir un haussement d’épaule en réponse à ses petites piques cyniques. Mauvais choix. Ce n’était pas ça qui mettrait fin à ses sous-entendu aussi gênant que légitime. Car qui qui ne disait mot, consentait et celui qui restait silencieux avait bien plus souvent l’air coupable qu’innocent. Alors cette idée il n'était pas prêt de l'oublier.

Fixant finalement son regard dans le fond de son verre, le génie écoute celle qui continue de se perdre dans le silence, hésitante comme si elle craignait que expliquer à voix haute ses traquas au diable pouvait suffire à éteindre la petite flamme de son cœur et de ne faire d’elle qu’un fantôme ou une illusion. C’est pourquoi il la pousse avec ses questions, sondant son esprit, y cherchant ce petit bout de femme qui était prête à tout et n’importe quoi pour défendre sa position quand elle croyait encore qu’il la suivait pire qu’une ombre. Et plus il sonde et plus il la devine, cette petite chose, enfermée derrière une cage un peu rouillée, attendant que quelqu’un, lui en l’occurrence, vienne déverrouiller son courage.

-J’ai toute confiance en toi… Et tu sais bien la place que tu occupes. Ça ne va pas changer du jour au lendemain, enfin… Normalement. En fait le truc c’est que Je l’ai retrouvé… J’ai retrouvé ce tout premier humain a avoir croisé ma route. Je me sens toute étrange depuis. C’est bizarre, je crois que j’ai attrapé froids, parce que le même jour je me suis baignée. Mais c’est bizarre… Je n’ai jamais été vraiment malade.

Daemon  releva vivement la tête, les yeux pleins d’étoiles. Il ne se lassait jamais des flatteries, les siennes même ne lui suffisaient pas. Même si le moment ne dure pas et qu’elle entre finalement dans le vrai sujet qui l’amène vers lui. C’est vrai que pour Victoria il semblait étrangement avoir ce petit quelque chose qui rassurait, alors que d'autres voyaient sûrement quelqu'un d'inquiétant. Et ce n’était pas le simple fait qu’elle avait la chance d'être une amie et non une ennemie. Mais il était patient et il avait su l’amener habilement à finalement se confier à lui. Une confession qui le surprit, d'abord, dans cette drôle d'entente secrète mutuelle. Effectivement il ne s’attendait pas à ça... mais c’était encore plus intéressant, comme le montrait l’éclat dans le regard qu’il posa sur elle. Son tout premier humain ? Allons bon il n’était même pas besoin d’être lui pour comprendre que ce n’était pas que ça.

L’ancien voleur se rappelait de ses premiers ébats, comme on se rappelle de nos premières fois, nos grands moments. Même à lui il lui avait fallu un certain temps avant qu’un éclair de lucidité ne traverse ses pupilles. Londres. Les bas-fonds de la ville. C’était des années d’errance. Des milliers de secondes emplies de questions. Il a déjà tout compris alors qu’elle, elle tremble à l’idée de risquer sa chance. Elle tremble face au passé. Heureusement il connaît un remède parfait.

-Pourquoi un verre vide est aussi triste ?

Un rire lui échappe alors qu’il observe le manège de ses doigts sur le verre avant de se décider à lui répondre.

-Seulement parce que tu n’as pas encore assez bu pour le voir comme quelque chose de formidable. Et inutile de me flatter tu sais… Allez donne, je m’en occupe.

Attrapant leurs deux verres, il s'était faufilé entre les gens comme dans du beurre, les frôlant sans jamais les toucher, pour atteindre le bar un peu trop bondé de gens, un peu plus bruyant que là où il s'était tenue plus tôt. Mais le fait d'être le propriétaire de ce club avait certains avantages et il revient finalement rapidement à la table où l’attend Victoria avec leurs deux verres dument rempli.

-Voilà pour toi.

Il prend le temps de se réinstaller, ne se formalisant pas de la posture dans laquelle il retrouve la jeune femme.

-J’ai l’impression de perdre pied. Je crois que je vais finir par ne plus pouvoir m’accrocher nulle part… Je veux pas qu’on… Qu’il me voit comme ça. J’veux pas le faire fuir. J’ai peur.

Cela aurait été plus simple si elle avait pu lui demander de but en blanc de dissiper ses espoirs ou son scepticisme ... Mais à ce sale petit jeu qu’était les sentiments il fallait bien rassurer une sirène qui croyait déjà voir venir sa dernière chance ... Il avala toutefois une nouvelle gorgée de son verre qu’il prit le temps de savourer avant de se lancer.

-Il y a toujours quelque chose à se raccrocher. Tout comme il y a toujours un moyen de retomber sur ses pattes. Si tu veux mon avis tu n’es pas vraiment malade… Ou du moins pas au sens conventionnel… Mais c’est amusant…

Un sourire amical. Pour une fois il ne s’amusait pas de sa personne, ni ne cherchait à la provoquer avec des remarques de hautes volées. Il passa d’ailleurs son bras droit sur l'épaule de la jeune femme, tentant de la réconforter comme il le pouvait, bien qu’il ne fût pas vraiment doué pour ça.

-Déjà, tu te compliques beaucoup trop les choses Vic', c’est idiot. Ensuite … qu’est-ce qui te fait si peur ? Vos retrouvailles ce sont si mal passé ? Ou tu veux me faire croire que ton ami est si terrible que ça ? Si les réponses sont non alors je ne vois pas où est le problème …

Son regard posé sur elle, il s’amusait de décrypter le moindre de ses gestes, le moindre de ses soupirs. Et de ce qu’il observait, il avait finalement bien fait de lui proposer un second verre.


◈ ◈ ◈











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Mar 31 Mai - 22:08

  • Daemon
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On se demande un peu tous ce qu’on pourrait évoquer en compagnie d’un grand ponte démoniaque, et voilà que moi, j’échangeais avec lui sur une possible angine… Proprement stupide et perturbant n’est-ce pas ? Mais je me tenais campée sur mes positions, et cela, sans honte. Aucune. Je lui avais fait un compliment, et lui, mieux que quiconque savait qu’un compliment de ma part était dument mérité. Ce n’était pas en croisant les bras qu’on parvenait a avoir une quelconque attention, ou un attachement de ma part. Hors, j’appréciais ce petit bout de diablotin qui se tenait devant moi. Aussi loin que je me souvienne, j’avais toujours joué avec le feu, je m’étais brûlé les nageoires a de nombreuses reprises, mais je n’avais jamais vraiment compris le fin mot de l’histoire et avais toujours continué ce petit manège avec Daemon. Bien que notre première entrevue ait été musclée, nous entretenions cette amitié vicieuse et étrange que le reste du monde jugeait comme néfaste. Ce que je pensais moi ? Hé bien y’avait pas à dire. Notre joyeux luron savait trouver les bons mots au bon moment. Après avoir lâché le morceau, je fis l’homme relever la tête, un sourire sur le visage, une lueur étrange dans le fond des yeux. Puis je change de sujet. Je n’arrive pas à tenir longtemps face au souci qui me tracasse. Je fais comme d’habitude. Je l’enfouis sous milles pensées. J’essaye de l’étouffer, de le faire disparaître comme on fait disparaître un lapin d’un chapeau. Mon ami parle, et je l’écoute attentive. (Pour une fois !)

-Seulement parce que tu n’as pas encore assez bu pour le voir comme quelque chose de formidable. Et inutile de me flatter tu sais… Allez donne, je m’en occupe.

Un petit sourire pétillant accueille sa réplique, alors que je brandis mon verre comme s’il s’agissait du saint graal. Ce qu’il y avait de bien quand on connaissait un gentleman, c’est qu’il avait la gentillesse d’aller remplir ton verre.

« Merci. MAIS, j’étais sincère. Je suis sûre que tu ne me crois pas, mais je le pense. Et c’est pas totalement dû au fait que je supporte pas bien votre alcool… Bande de bipèdes !  »


Il revint finalement à moi, deux verres entre ses doigts fins. Je m’empare de mon cocktail et commence a aspirer doucement le liquide à l’aide d’une paille, avant de m’amuser à souffler dedans et faire des bulles. Un rire un peu idiot s’échappe de ma bouche. J’avais trop bu et il n’était pas sage de boire à nouveau, mais je délogeais d’un coup d’épaule ce petit criquet métaphysique qui se tenait bien droit sur mon épaule. J’avais pas besoin d’une conscience. J’avais besoin de clarifier mon esprit. Et ce dont il avait besoin, c’est d’un brouillon environnant pour que tout cela se fasse.

-Il y a toujours quelque chose à se raccrocher. Tout comme il y a toujours un moyen de retomber sur ses pattes. Si tu veux mon avis tu n’es pas vraiment malade… Ou du moins pas au sens conventionnel… Mais c’est amusant…


Il passa son bras sur mes frêles épaules, et je me reposais finalement sur lui, songeuse. Pas malade… Du moins pas au sens conventionnel du terme… On aurait presque pu entendre les rouages se mettre en route progressivement sous ma cervelle. Je dis bien presque, parce que ce n’était pas tout à fait le cas. Une vieille ampoule toute rouillée s’alluma dans ma tête. Je décidais finalement de boire à nouveau, avant de lui répondre.

« Ho… »


Ouais je sais c’était pas original. Je toussotais gênée par ma propre bêtise. En même temps… Je n’avais jamais vraiment fait le rapprochement. Non… Non. Cela était faux. J’en avais tout à fait conscience. Mais je refoulais tout ça sous une couche impressionnante de naïveté, j’essayais de nier la vérité, de l’enfouir, de l’oublier. Et finalement, tel un diable dans sa boîte, elle finissait par sortir. Je clignais des yeux. En fait… C’était pour ça, la première fois, que j’étais partie. C’était pour ça que j’avais fuis toute responsabilité.

« Tu crois que… Tu crois que ces drôles de manifestations viennent d’ici ? » Je pointais du bout des doigts mon cœur. Je finis par pencher la tête… Quelque chose me taraudait. « Je croyais pourtant que… Ce n’était pas possible pour une créature de mon espèce… »

Je voyais tout cela sous un jour nouveau, et c’était loin d’apaiser les craintes, en réalité, j’avais l’impression d’être un torrent, une femme tempête… Un mirage étrange qui ne comprenait pas ses sentiments. Je plaquais une main sur la table. J’avais l’impression de sombrer, enfin… Non pas que ce soit une mauvaise chose d’aimer quelqu’un. Mais… Aimer quelqu’un c’était accepter de pouvoir être blessé par ce dernier. On avait déjà porté un coup très dur à mon palpitant. Mon ex-mari avait laissé des cicatrices qui, au contraire de son frère, ne se voyait pas. Petit palpitant était-il prêt à se lancer dans une nouvelle aventure ? Et surtout, ne risquais-je pas de.. Tout gâcher ? Tout casser ? Après tout, j’avais toujours détruit tout ce que je touchais. Non… Ce n’était pas tout à fait vrai… Lui, je ne l’avais jamais détruit. Lui… Je lui avais permis de rejoindre les étoiles, je lui avais permis d’atteindre sa quintessence. Et j’étais tombée amoureuse de cet homme. Une brume s’était envolée, et je voyais avec une clarté incroyable. Je voyais… Je percevais les choses sous un nouvel angle.

-Déjà, tu te compliques beaucoup trop les choses Vic', c’est idiot. Ensuite … qu’est-ce qui te fait si peur ? Vos retrouvailles ce sont si mal passé ? Ou tu veux me faire croire que ton ami est si terrible que ça ? Si les réponses sont non alors je ne vois pas où est le problème …


J’enfouissais alors mon visage dans son épaule. Son regard me gênait… Quoi ?! c’était bien la première fois que je me laissais aller à ce genre de choses. Je relevais les yeux pour croiser son regard. Une lueur pleine de défi passa par mes traits.

« Non… Il n’est pas terrible. Il est bon. Il l’est même trop, en fait… Il me fait penser à ce même océan que j’ai quitté en même temps que lui. Il sait être calme, reposant, mais poussé à bout, il est de ceux qui se transforment en ouragan. Et… Il y a cette sorte de compréhension mutuelle entre nous deux… Je… Je n’ai pas peur de lui, j’ai peur de ce qu’il risque de voir en moi, j’ai peur de le faire prendre ses jambes à son cou… »


Je m’étais soudain intéressée par mes mains qui s’amusait à gigoter sans que j’en ai conscience. Je relevais finalement les yeux pour regarder l’homme dans toute sa globalité.

« Ce n’est pas mes sentiments, que je crains. Je les éprouve depuis bien longtemps. Ce que je crains, c’est le rejet, mais c’est aussi de l’effrayer. Toi comme moi savons quelle bêbête malvenue peut se cacher au fond de mon être. Je suis dangereuse Daemon… Je suis une bombe à retardement, et j’en ai tout à fait conscience. Tout comme toi d’ailleurs. Et je suis sûre que lorsqu’elle explosera, elle ne sera pas sans effets. Alors… Est-ce que ça vaut vraiment le coup ? Je suis beaucoup de choses, mais la fille parfaite… Celle qui se contrôle, c’est pas moi. Je suis la fille tempête dont les coups d’éclats resterons dans les mémoires bien plus longtemps que son image à elle. La fille qui ne sera jamais en paix. Je suis destructrice. »


Une nouvelle gorgée, la chaleur inondait ma gorge. Alors que je pinçais la bouche.

« Crois-tu que cela vaille réellement la peine ? Crois-tu que courir le risque de perdre cette amitié si précieuse vaut le coup ? Je ne sais pas depuis quand je suis devenue cette fille si ennuyante, qui a besoin de réfléchir avant d’agir. Mais dans ce domaine, je n’en suis qu’à des balbutiements… »


Je me stoppais dans ma phrase pour finir mon verre. J’allais finir dans les toilettes si ce petit jeu d’alcool continuait. Je tendis l’oreille, avant de m’écrier d’une voix forte.

« J’adore cette chanson ! »



...



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Ven 3 Juin - 23:50



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Victoria O'Donnel & Daemon McDonalds



Le plus célèbre prince de la nuit afficha un léger sourire quand une sirène pétillante appuya la sincérité de ses propos en même temps qu’elle rappelait qu’un second verre n’était pas forcément le mieux pour elle. Ce prince qui avait conclu depuis longtemps que la vie était d’une fadeur déroutante et qui avait décidé de "prendre sa vie en main" et d’en faire une suite de plaisirs effrénés. Car la vie était un jeu. Un jeu de débauches et de séduction, de trahisons et de manipulations. Et qu’importaient les conséquences, tant que tout se déroulait selon ses souhaits au final ? Et c’était certainement ça qui les rendait si différent lui et la petite demoiselle à qui il rapportait un verre. Lui, il était d'un étonnant charisme, d'un étonnant caractère sûr de soi et attirait inévitablement l'attention, et c'était peut-être ce qui était bien, dans cette drôle d'entente mutuelle qu’ils avaient établi. Victoria, elle, avait derrière sa carapace un bon caractère Elle n'était certes pas comme lui d'un charisme exubérant, mais elle avait ce petit quelque chose de sympathique ou d'attachant.

Attachant comme ce petit geste qui lui faisait souffler quelques bulles dans le fond de son verre d’alcool tandis que son compagnon du moment, lui soufflait le moins pernicieusement possible ce qu’il semblait comprendre de ces tourments qui l’avait poussé vers lui en particulier. Il y avait toujours un décalage de quelques instants entre l'éclair qui déchirait le ciel et le coup de tonnerre qui déchiquetait le silence, la situation n'était guère différente entre une insinuation et la réalisation qui devait inévitablement suivre ... Un décalage dans lequel semblait se complaire sa petite tatoueuse préférée tandis qu'elle échappait finalement une pensée un brin gêné ... Et sans doute que si il avait eu plus de cynisme que d'humanité -et il n’en était pas très loin parfois, il aurait sans doute fait quelques remarques désobligeantes sur la lenteur que prenaient les cellules grises d'une jeune femme pour se mettre en branle, surtout une fois imprégnées d’alcool. Mais il savait parfaitement que ce n'était pas un problème de compréhension qui avait réduit son interlocutrice au silence ... bien au contraire. Et il se mit à rire, doucement d'abord, sur une note d'hésitation, alors qu’elle pointait enfin son cœur fautif, et un peu plus ouvertement ensuite. Comme quoi non, il était loin, très loin de faire étalage de cet effet de supériorité qu’il pouvait avoir sur les autres.

-Tu crois que… Tu crois que ces drôles de manifestations viennent d’ici ? Je croyais pourtant que… Ce n’était pas possible pour une créature de mon espèce…

Il avait confirmé d’un simple mouvement de la tête, l’accompagnant du bruit sec de sa langue claquant contre son palais avant de prendre à son tour une gorgée de son nouveau verre.

-Pourquoi penses-tu que les sirènes seraient mieux loti que les autres ? Ou plus mal ? … c’est une question de point de vue… Parfois, j'ai du mal à choisir. Mais l’impossible n’existe pas Victoria. Et ce sont là les propos de quelqu’un qui connaît très bien son sujet. Il n’existe techniquement que trois choses d’impossible en ces mondes et une fille comme toi amoureuse n’en fait pas partie.

Son regard ne quittait plus la jeune femme qui tentait de se cacher au mieux dans son épaule. Dans d'autre circonstances, il aurait sans doute trouvé sa mimique amusante, mais le caractère angoissant et blessé qu’elle ressentait au fond de son cœur ne faisait illusion pour personne, que ce soit l'actrice ou son unique spectateur ... Et c’était sans doute pour quoi lui se cachait derrière une vie de vice des plus simple et qui consternait toujours son thérapeute. Car Méphisto avait fini par comprendre bien avant de devenir ce roi de la malice pourquoi il était seul dans ce monde, sans aucune idée de ses origines. S’il n’avait pas d’attaches, rien ne le retenait. Aucun lien ne pouvait l’enchaîner à son passé, à ce qui était censé le définir. Il avait compris que seules ses actions avaient le pouvoir de lui dicter qui il était. Pas les autres, et surtout pas lui. Il pouvait créer un monde, à partir de rien. Il pouvait embraser la flamme qui consumait les cœurs, lui donner une odeur. Ce feu crépitant, il le voit en Victoria. Il peut le voir en elle comme il l’a senti vibrer en lui alors qu’il n’était qu’un gamin orphelin. Il peut sentir cette furie, cette passion qui dévore ses entrailles et lui donne la force de briser chaque roc. Il entend son palpitant tambouriner pour reprendre un souffle qu’il avait raté face à la vérité qui venait de s’imposer. Ce qui avait laisser le loisir au diable de poser de nouveaux jalons sur la voie d’abominables vérités qu’il traçait pour elle, la laissant libre de les suivre ou non.

-Non… Il n’est pas terrible. Il est bon. Il l’est même trop, en fait… Il me fait penser à ce même océan que j’ai quitté en même temps que lui. Il sait être calme, reposant, mais poussé à bout, il est de ceux qui se transforment en ouragan. Et… Il y a cette sorte de compréhension mutuelle entre nous deux… Je… Je n’ai pas peur de lui, j’ai peur de ce qu’il risque de voir en moi, j’ai peur de le faire prendre ses jambes à son cou…

Il affronta sans peur la lueur de défi qui avait saisi la jeune femme, la poussant enfin à sortir la tête de la cachette qu’offrait son bras. Daemon était un maitre des mots et savait parfaitement les utiliser pour sortir ou pousser les autres de leurs retranchements. Et cette fois c’est lui qui l’écoute en penchant la tête sur le côté. Ce n’était qu’une simple observation, qu’un simple regard qu’il portait sur elle et sur l’environnement. Ce n’était en apparence qu’un air de gamin rieur mais qui servait à dissimuler derrière, aussi bien toutes ses pensées que ses propres problèmes. Un regard auquel on avait parfois envie de se soustraire, de peur que peut-être il transperce tant il pouvait parfois donner l’impression de passer tout votre être au scalpel. Un regard qu’elle n’est pas toujours capable d’affronter mais qui semble bien moins lui faire peur que le regard de ce fameux ami.

Mais il la laisse continuer sans rien dire, attendant qu’elle termine la description de cette bête rugissante qu’elle enferme derrière les apparences. Bien sûr qu’il a conscience de cette réalité explosive chez elle. Depuis longtemps. Et il n’attend que le jour où elle explosera justement. Parce que non elle ne sera surement pas sans effet et qu’il a hâte de voir les suites de ce feu d’artifice. Après tout il y avait deux options, soit elle mourrait en même temps que cette explosion, soit un feu éternel et brûlant n’allait plus jamais cesser de gronder en elle après cela. Et il avait depuis très longtemps pris le pari sur la deuxième option. Même si il ne l’avait jamais dit. Même si il pariait seulement avec lui-même.

-Alors… Est-ce que ça vaut vraiment le coup ? Je suis beaucoup de choses, mais la fille parfaite… Celle qui se contrôle, c’est pas moi.

Parfaite. Ce mot n’était que relatif, surtout sortant des lèvres pourpres d’une princesse de l’océan. Qui, sur cette terre, pouvait se prétendre parfait honnêtement ? Chacun a ses démons, ses désirs cachés. Même ceux qui préfèrent uniquement les penser, plutôt que d’être assez fous pour les réaliser. Personne, aux yeux de Méphisto, n’était parfait. Sinon sans doute même n’aurait-il jamais existé. Après tout, si toutes les histoires se terminaient par du heureux pour toujours, des enfants tout plein et du bonheur à en vomir, ça se saurait. La vérité, c’est que la réalité ne ressemble en rien aux contes et légendes qui bercent nos oreilles innocentes au bord de l’enchantement. Une histoire, le jour où elle se termine, quand bien même la fin serait paisible, tout ce qui se sera passé avant ne rimera pas forcément avec pureté et bonté. Le monde réel est assez moche, sale à souhait, comme il l’aime. C’est bien pour cela que les histoires racontées sur eux dans ce monde sont inventées de toutes pièces. L’homme est crapuleux, vaniteux. Il préfère mentir plutôt que de se dévoiler, démasquer son vrai visage. Malgré cela, il y en avait, il subsistait encore et toujours des personnes au cœur pur, pour qui l’espoir était un crédo, une religion. Des personnes qui savaient voir le bon, et seulement le bon en regardant les autres. En tout cas c’est ce qu’elle avait semblé dire de son ami… Alors peut-être que ce conte de fée qui s’ouvrait à Victoria connaitrait une fin heureuse après tout ? Ou peut-être que la bêtise et l'idéalisme étaient des maladies incurables en plus d'être contagieuses ...

-Bien sûr que non tu n’es pas la fille parfaite. Encore heureux pour toi d’ailleurs… il n’y a rien de pire que la perfection. Laisse-moi te rappeler une chose, parfait n’est dans la nature d’aucun être vivant, sinon cela fait bien longtemps que je serais toujours enfermé dans ma prison, en plus d’être au chômage.

Ses paroles pouvaient paraître abruptes et fort peu courtoise, mais c’était là sa façon très personnelle de lui faire à son tour un compliment. Il s’apprêtait d’ailleurs à enchainer son argumentation après avoir avalé une nouvelle gorgée de son verre de bourbon, mais la sirène ne put s’empêcher de renouveler cette question à laquelle il s’apprêtait à répondre.

-Crois-tu que cela vaille réellement la peine ? Crois-tu que courir le risque de perdre cette amitié si précieuse vaut le coup ? Je ne sais pas depuis quand je suis devenue cette fille si ennuyante, qui a besoin de réfléchir avant d’agir. Mais dans ce domaine, je n’en suis qu’à des balbutiements…

Il l’observa vider son verre cul sec, alors que lui-même n’était pas encore à la moitié du sien. La petite sirène n’était décidemment pas sage ce soir, lui tirant un nouveau sourire qui s’effaça sous son exclamation. Ca tombait bien il n’était pas sage non plus. Après tout, malgré ses allures de freak, il n'était pas le genre qu’on qualifiait d'impressionnant. Pas de gabarit, du moins, malgré sa haute taille. Il avait juste ce quelque chose d'effrayant et d'intriguant, tout à la fois. Pas assez effrayant pour la faire fuir. Toutefois, le démon du briquet cligna légèrement des yeux sans laisser transparaître son étonnement... Une parole qui le surprit, d'abord, tant elle était peu subtile. Mais il comprenait. Il comprenait qu’elle avait envie de faire autre chose que se retrouver en tête à tête autour d'un verre, dans l'immédiat. Pour gagner du temps, face à tous ses sentiments dérangeant qu’il faisait ressortir et la poussait à révéler. Et même si il avait déjà un avis et les réponses à toutes ses questions, il préféra ne pas les lui livrer tout de suite, la laissant plutôt incertaine. Pourtant une lueur joueuse s’était installer dans son regard et il s’était levé, abandonnant sa veste sur la banquette avant de tendre la main dans sa direction et de l’inviter à se lever.

-Dans ce cas que dis-tu d’une danse ou deux ?

Sans attendre plus, sa petite main fraiche dans la sienne, il l’avait entrainé vers la piste, ne serait-ce que pour disparaître dans la petite foule du bar, malgré qu’on s’écartait sur son passage. Ne serait-ce que pour lui permettre de s'évader de ce qui la préoccupait. Le fait d'être le propriétaire de ce club avait déjà certains avantages, le fait d'avoir la réputation d'un mauvais caractère en avait d'autre si bien qu’il ne du pousser personne pour leur trouver une place pour danser avec sa cavalière. À croire que la foule elle-même fuyait inévitablement le regard de son cavalier du moment. À croire, en fait, qu'il faisait une si forte impression sur la plupart des gens qu'on choisissait de lui laisser entièrement libre place, de peur des représailles ou de quelque chose allant dans ce sens. Ça ne lui dérangeait pas. À vrai dire, ça l'arrangeait. Ça l'arrangeait de ne pas se sentir oppresser par la foule de dos qui se collait d'un peu trop près au sien.

La musique vibrait avec force,  sur la piste, poussant doucement les corps du diable et de la sirène à commencer à danser sous la lumière des stroboscopes et des flashs multicolores des spots en tout genre. Gardant Victoria face à lui ne la lâchant pas au milieu des autres danseurs, Daemon suivait le rythme, son corps se mouvant toujours dans ce mélange savoureux de sensualité et de sauvagerie qui fascinait, ses pieds s’agitant sans jamais s’emmêler. Tout ce petit monde bougeait dans un rythme qui sans être lent n’était pas trop déchainé non plus. Et sans doute était-ce mieux pour la stabilité de la sirène qui avait peut-être déjà un peu trop bu. La musique rythmé laissa ensuite place à une chanson au rythme plus doux et plus lent, permettant au diable de réduire un peu plus la distance entre lui et la sirène. C’était une ambiance tout autre, une ambiance qui lui permettait de distinguer sans mal l’odeur de l’alcool, les bruits des verres qui s’entrechoqués le poussant à se pencher vers elle pour glisser quelques mots discrets.

-Pour en revenir à notre conversation… si tu tiens vraiment à faire quelque chose d’irréfléchie, je rappelle que je suis totalement disponible !

Cabochard, une lueur de malice dans le regard et un sourire digne d’un prédateur, il permet à la demoiselle de gagner encore du temps.

-Pour le reste, mademoiselle la fille imparfaite, pour le moment, tu n'as pas vraiment réussi à me convaincre que faire évoluer votre relation en autre chose que de l’amitié se terminerait par un échec. Tout ce que tu as fait, c'est m'apporter des preuves que vous étiez plutôt semblable et que peut-être, je dis bien peut-être, ton ami voit déjà parfaitement celle que tu es vraiment... Tu es responsable, tu connais tes propres limites, et tu es assez intelligente pour comprendre que tu n'es pas parfaite. Mais laisse-moi te dire que personne sur cette planète ne l'est. Lorsque tu auras enfin le courage de prendre conscience de ça, et je sais que tu l'auras, alors tu pourras sans doute franchir le cap de l'amitié avec lui… si c'est ce que tu désires vraiment bien sûr.

Il alla jusqu’à oser glisser une main contre sa hanche, bien qu’à aucun moment elle ne s'aventura ailleurs, l’entrainant dans cette danse. Il avait peut-être mauvaise réputation à cause de son caractère et ses mœurs un peu spécial mais à aucun moment il ne cessait d'être un gentleman pour se risquer à être irrespectueux.

-Après personnellement ce n’est pas mon style, je suis pour l’irréfléchie… mais tu sais la seule manière de savoir si un ticket est gagnant ou perdant reste de le gratter, et la seule manière de procéder à cette opération c’est de l'acheter ... et même si c’est effrayant il parait que généralement le gros lot en vaut largement la peine.


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Piranha Cannibale
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Mar 7 Juin - 19:24





Alcohol... Because no great story starts with salad




J’avais posé une question idiote à mon ami. Je m’en étais rendue compte alors même que je la posais. Mais dans les croyances populaires, une sirène avait un cœur de pierre, du moins était-ce ce que la plupart des marins murmuraient entre eux. Que les sirènes étaient des monstres au corps de femme enchanteresses, mais ayant un cœur de pierre. Je ne me considérais pas comme enchanteresse. J’étais la p’tite chose fragile, et c’était justement ce cœur qui me faisait aussi mal… Il répondit néanmoins avec une patience que, paradoxalement, on aurait pu voir comme angélique. Je l’écoutais, avant d’écarquiller les yeux.

« Mais… Comment ? Avec tout ce que j’ai pu traverser, comment c’est possible ? Je croyais que mon cœur était en mille morceaux. Je me pensais aigrie par la vie… C’est… J’ai l’impression d’être tombée de ma chaise, tellement c’est surprenant… »


Quelques balbutiements maladroits avaient franchi la barrière de ma bouche. Ce sentiment que j’éprouvais n’était pas nouveau. Mais je pensais ne jamais l’éprouver à nouveau. A travers toute cette chaire meurtrie… A travers tous ces dysfonctionnements, je pensais ne jamais aimer à nouveau. Jamais… Et pourtant… Il avait fallu que je retrouve cet homme pour que finalement, une graine germe dans ce paysage désertique qu’était mon cœur. J’avais énormément du mal à assumer ce que je ressentais.
Mais un regard vers mon comparse me permis de me draper de cette fierté, de cette combattivité qui me faisait tenir debout encore aujourd’hui. J’avais la fougue d’un fauve, et c’était sans doute pour cette raison que je ne m’étais pas étiolée avec tout ce qui m’étais arrivé. Je m’enveloppais sans cesse de cette idée de force brute de la nature, m’y accrochant avec force. Nous étions arrivés au sujet glissant. Parler de moi s’apparentait sans doute à marcher sur des œufs. Oui… De bons gros œufs bien fragiles. Doucement mais sûrement, j’évoquais ce même fauve qui illuminait mes yeux. Mais aussi qui me faisais craquer de tout l’intérieur. Cette bête qui, d’un simple coup de griffe contre mes côtes pouvait muer mon calme en colère. Cette bête que même les plus longues méditations ne pouvaient contrôler vraiment. Ce même animal qui me rendait potentiellement dangereuse pour le reste du monde… Mais j’avais envie d’enfouir la vérité au plus profond de moi, d’oublier ces sentiments qui me tourmenteraient jusqu’à ce que je largue le fameux « paquet » dans les mains de l’homme qui me mettais dans tous mes états. Et tu parles d’un paquet. « Bonjour… Je t’aime et j’ai un léger pète au casque, tu veux sortir avec moi ?! ». Non c’était pas possible. Je retournais le problème dans tous les sens, et je me sentais incapable de… Trouver seule une solution. Je frissonnais. Ma pauvre fille. Même pas capable de se dépatouiller avec tes sentiments et émotions malgré tes 200 ans au compteur.

-Bien sûr que non tu n’es pas la fille parfaite. Encore heureux pour toi d’ailleurs… il n’y a rien de pire que la perfection. Laisse-moi te rappeler une chose, parfait n’est dans la nature d’aucun être vivant, sinon cela fait bien longtemps que je serais toujours enfermé dans ma prison, en plus d’être au chômage.

Un sourire amusé s’étala sur mon visage. J’aimais sa façon de voir les choses. Je plongeais mon regard pensif dans mon verre. Oui… La perfection c’était répugnant, trop bien, trop beau… Trop. Voilà tout. Il fallait donc faire fit de tout ça. Mais comment reconstruire cette assurance que j’avais perdus ? Comment reconstituer ce masque de fierté et d’assurance que j’avais arboré si longtemps et qui avait volé en éclat ? Il était impossible de le reconstruire à l’identique. Mais ce masque le protégeait. Il me protégeait du reste du monde, et parvenait à cacher mes démons, mes facettes les plus viles. Ces visages inhumains que personne ne voulait vraiment voir. J’en avais assez d’être sans carapace, sans protection, et d’être lisible tel un livre ouvert. Mais je n’arrivais pas à faire autrement, tout cela était BEAUCOUP trop frai pour moi.

« Hé bien heureusement que nous ne sommes pas parfais. Je pense que tu m’aurais manqué sinon. »

La musique était une sorte d’échappatoire a cette situation, je fermais les yeux, me tortillant sur ma banquette au rythme de la musique. Cette chose, je m’y réfugiais souvent, aussi souvent que je le pouvais. Ce n’était pas pour rien que, dans la rue, on pouvait me trouver mi- dansant mi- marchant, déambuler jusqu’à la maison. C’était ça qui rythmais ma vie, je pouvais faire partir ma colère en écoutant des musiques rythmées, ma tristesse en écoutant ce qui était doux… Là, la chanson qui passait était tout sauf calme, elle était dynamique, entraînante. L’alcool embrumait mon regard sur le monde. J’attrapais au vol des idées, des pensées, dont je perdais le fil. Je me sentais juste bien, heureuse. Il n’y avait plus de poids sur mes épaules, plus de chaînes qui m’agrippaient. Juste moi… cette tendre naïveté et le reste du monde. Il s’était levé et m’avais tendu la main, que j’attrapais du bout des doigts. Ma main semblait tellement minuscule dans la sienne. Enfin… En fait mes mains de petites poupées semblaient minuscules dans un peu près toutes les mains d’hommes… Et il faisait pas exception. Il me proposa quelques danses, et je gloussais joyeusement, sans me faire prier.

« Avec plaisir mon bon monsieur. »


C’est lui qui me mena sur la piste de danse, il s’offrait un passage comme Moïse avant lui avait ouvert une mer en deux. C’était... étrange. Oui. Etrange. C’était a cause de moi ? Je plissais les yeux, voyant plusieurs personnes murmurer entre elles. Oui. Elles parlaient de moi. Elles parlaient de nous. Elles se moquaient, elles posaient leurs yeux sur moi, me jugeant. Je serrais plus fort la main de mon compagnon d’un soir, non… Qu’est-ce que le docteur disait ? Ha oui… Qu’il ne fallait pas interpréter ce que je voyais. Peut être parlaient-ils de leurs boissons, de leurs vêtements, de la dernière coupe de cheveux de Gertrude qui avait fait des folies ! Une fois face a lui, je me forçais a me focaliser en partie sur lui, et en partie sur la musique. Oui… La musique pouvait m’empêcher de penser que le reste du monde me voulait du mal. La musique pouvait faire des miracles. Mes 28 années de pratiques de sport divers purent m’être utile. Ma souplesse me permettait de me déhancher avec une grâce féline. Calquant mes mouvements sur la base de la musique. Quelque chose de rythmé, une danse speed où il ne fallait pas rester statique. J’avais l’impression que mon corps ne m’appartenait plus, qu’il était possédé. Je fermais un instant les yeux. Je ne me sentais plus moi-même, une petite exclamation de joie sortit alors de ma gorge avec une normalité incroyable. Parfois je trébuchais sur du rien du tout. Et je devais me raccrocher à Daemon, il faisait office de bouée de secours diront nous. Mais avec quelques verres dans le citron… La mobilité devenait un peu plus complexe. Une fois le morceau finit, ce fut quelque chose de plus lent. Plus calme, me permettant de piétiner sur la musique, Daemon s’était rapproché, et j’avais passé mes deux bras sur ses épaules. Mes yeux étaient humides. Sans doute a cause de l’alcool. Je devais avoir une mine assez fiévreuse. Il se mit à parler, couvrant le brouhaha de la musique de sa voix grave, je l’écoutais avec attention.

-Pour en revenir à notre conversation… si tu tiens vraiment à faire quelque chose d’irréfléchie, je rappelle que je suis totalement disponible !

Oh malgré l’alcool que j’avais ingurgité, j’avais compris sa référence. Ma première réaction fut de rougir doucement, mais surement. Avant de le regarder avec un brin de malice dans le regard.

« Je viens de t’avouer que j’étais tombée amoureuse, et toi tu me proposes ça a ce moment précis ? Le diable serait-il possessif ? »
Il s’attendait sans doute à ce que je sois mortifiée, et la Vicky sobre se serait sans doute terré dans un trou. Dès que la conversation allait sur des sentiers que je ne connaissais pas, je me montrais très timide et tâtonnante. Et ça, monsieur le démon l’avait bien compris. J’étais même sûre et certaine que parfois il disait es choses que je ne comprenais pas parce que j’étais trop prude et méconnaisseuse.

-Pour le reste, mademoiselle la fille imparfaite, pour le moment, tu n'as pas vraiment réussi à me convaincre que faire évoluer votre relation en autre chose que de l’amitié se terminerait par un échec. Tout ce que tu as fait, c'est m'apporter des preuves que vous étiez plutôt semblable et que peut-être, je dis bien peut-être, ton ami voit déjà parfaitement celle que tu es vraiment... Tu es responsable, tu connais tes propres limites, et tu es assez intelligente pour comprendre que tu n'es pas parfaite. Mais laisse-moi te dire que personne sur cette planète ne l'est. Lorsque tu auras enfin le courage de prendre conscience de ça, et je sais que tu l'auras, alors tu pourras sans doute franchir le cap de l'amitié avec lui… si c'est ce que tu désires vraiment bien sûr.

Il posa sa main sur ma hanche. Je dus réprimer un sursaut. Le contact masculin avait tendance a faire ressurgir en moi de mauvais souvenirs. Mais Daemon ne ferait jamais ce qu’on m’avait fait. Non… J’avais confiance en lui, je voulais lui donner sa chance, je ne souhaitais pas juger sur ce qu’il était en apparence, mais sur ce qu’il était au fond. Quel bonbon cachait cet emballage ? Je fermais les yeux, je faisais de gros efforts avec les gens que j’appréciais, pour me montrer tactile comme avant cette aventure avec Barbe Bleue. Je voulais me montrer forte. Et surtout, je ne voulais pas leur faire de la peine. L’endroit que sa main touchait était, à travers le tissu, couvert de cicatrices disgracieuse. Mais il n’y avait qu’au contact du feu qu’on apprenait nos limites. Je levais doucement les yeux pour croiser son regard. Je penchais la tête.

« Merci pour ces précieux conseils monsieur le gentleman qui bosse sur le dos des honnêtes imparfaits. J’en prend bonne note. Je suis pas idiote… Je suis même plutôt futée comme nenette… Mais je n’arrive pas à voir clair quand il s’agit d’émotions. J’ai un gros problème avec ça. Alors merci pour ta présence. Si ça marche je t’invite a un barbecue pour fêter ça. Ce sera moins risqué pour ma caboche le lendemain. »

Il me parla ensuite de tickets de loterie, et je dus me concentrer pour comprendre la fine analogie entre ma situation, et ce fameux ticket. Je laissais mon regard dérivé, alors que la danse s’éternisait, pleine de douceur, de calme. Cela me rendait sereine, je n’étais plus aux prises avec ces stupides angoisses.

« J’ai plus peur. Je pense qu’à ce moment précis, je serais capable de sortir dehors et de crier ce que je ressens à la face du monde. Mais ça se fait pas, n’est-ce pas ? »

Je restais pensive, me sentant en sécurité dans ses bras. Autant j’éprouvais de la crainte envers les hommes, autant, ceux que j’avais appris à connaître faisaient naître en moi un sentiment de sécurité.

« Tu devrais te reconvertir en conseiller matrimonial et entremetteur si tu veux mon avis l’ami. Mais ça risque d’être beaucoup plus ennuyant que de gérer un bar… »


Mais bien sûr je ne pouvais sortir sans me ridiculiser, et lorsqu’on est un peu imbibée comme je l’étais, c’était un peu une étape obligée. Ma cheville se tordit d’un coup, m’envoyant choir sur le sol. Je clignais des yeux, surprise, avant de regarder tout autour de moi, prise de panique. Je sentais le regard des autres sur moi. Ils me jugeaient, ils se moquaient de moi. Je les voyaient parler entre eux, tous ces gens.






If you'll be my boat I'll be your sea


I live to make you free But you can set sail to the west if you want to And pass the horizon, 'til I can't even see you Far from here Where the beaches are wide Just leave me your wake to remember you by  | © Vent Parisien






Spoiler:
 
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Mer 15 Juin - 19:16



Alcohol... Because no great story starts with salad


Victoria O'Donnel & Daemon McDonalds



Il avait vraiment fini par soulever le couvercle de cette boite de Pandore qu’elle cachait au fond de son cœur, laissant de toute évidence s’échapper l’espérance. L’espérance c’était ça qui traversait le regard de la jeune femme. Et avait-il eu raison de le faire ? En cet instant, il n'y avait qu'une seule réponse à cette petite question pour lui. Oui. Et après tout, si les êtres ne pouvaient s’empêcher de rêver alors peut-être que ce rêve-ci ne serait pas une illusion ... L'espérance ... Dante avait cru bon de bannir cette petite menteuse de son enfer, une décision que Daemon McDonalds avait approuvé, mais qui laissait Méphistophélès des plus sceptiques ... Après tout, comment les damnés auraient-ils pu endurer leur captivité, et son cortège de tourments, s'ils ne continuaient pas de rêver du paradis qui leur avait fermé ses portes ? D’ailleurs Victoria semblait bien avoir encore du mal à croire que ce Paradis pouvait être à porté de ses doigts.

-Mais… Comment ? Avec tout ce que j’ai pu traverser, comment c’est possible ? Je croyais que mon cœur était en mille morceaux. Je me pensais aigrie par la vie… C’est… J’ai l’impression d’être tombée de ma chaise, tellement c’est surprenant…

Il avala une nouvelle gorgée de son verre qu’il n’avait cessé de faire tournoyer.

-C'est facile, Vic’, il suffit d'en profiter pleinement et de ne plus penser ni à l'avenir ni au passé. Ne plus penser à ce que tu as perdu, ni à ce que tu peux perdre, mais uniquement à ce que tu as. Ton cœur est peut-être en mille morceaux, mais il a, semble-t-il, commencé à se reconstruire. Il est plus solide que tu ne l’imagines ... Certes, on ne peut pas récupérer ce que le temps nous a arraché et on peut rarement conserver éternellement ce qu'il nous a donné en échange mais ... Mais tu peux faire ton possible pour que les cours instants où tu as encore ces choses précieuses entre tes mains semblent se prolonger jusqu'à paraître durer une éternité.

Voilà qu’il en devenait gentil et prévenant… à croire que le manque d’âmes à corrompre de ces vingt-huit dernières années l’avait ramolli. D’ailleurs on pouvait se demander si il était bien le mieux placer pour parler des tourments du cœur, lui qui ne semblait en avoir aucun. Pourtant il connaissait bien son sujet pour en avoir tiré profit un nombre incalculable de fois. Rien ne semblait jamais vraiment le surprendre, d'ailleurs, quant au caractère personnel de chaque être qu'il prenait la peine de rencontrer plus personnellement ou non, qu’il soit sirène, simple humain ou fantôme. Et si il ne serait sans doute jamais un défenseur de l’amour unique et véritable il pouvait admettre que pour Victoria c'était une façon comme une autre de continuer à vivre avec tant d'horreurs sur la conscience ... Et vu la candeur apparente de son visage qui contrastait avec la maturité et la tristesse qui illuminait ses yeux, elle était sans doute encore assez naïve pour croire qu'il pouvait y avoir du bon à côtoyer le Diable. C’était ça qu’il appréciait dans leur relation un peu bancale. Au moins eux ils ne se cachaient pas derrière de faux-semblant et reconnaissaient leurs défauts. Une pensée que partagea presque instantanément la brune en même temps qu’elle avouait qu’il manquerait à son univers si il n’existait pas.

-Ooh, j’espère bien !

Il l’avait finalement entraîné à sa suite sur la piste, non pas sans un certain amusement discret, émettant un sourire en coin en regardant les gens qui s'écartaient légèrement. Ca faisait toujours son petit effet, même sur celle qui avait emboité le pas du sien, et il ne se doutait pas encore à quel point. Vraiment, ils ne cherchaient tous deux, rien de plus qu'un léger divertissement en agréable compagnie. Rien de plus. Et si Victoria ne s’en était pas rendu compte, elle était au fond tombée sur la bonne personne pour s'arracher à son ennui. Elle était, sans trop en avoir conscience, tombée sur la bonne personne pour fuir la population étouffante qui l'oppressait, pour se détacher, pour se libérer de leur présence physique, même si elle devait certainement sentir encore leur regard sur son dos alors qu’elle entrait dans la danse du diable. Il y avait quelque chose d'étrange et de savoureux dans l'ambiance. Quelque chose qui fascinait et étranglait tout à la fois comme si le monde tournait en sens inverse. Et l’exclamation de joie qu’il capta chez sa cavalière le conforta d’y rester le temps de bien plus d’une danse, alors qu’un sourire énigmatique ne décollait plus de son visage. Evoluant avec naturel, avec cette grâce et ce charme impertinent qui le caractérisait, le Diable semblait ravi de son nouvel amusement, guidant parfois les mouvements de la jeune femme qui se raccrochait à lui. Quand le rythme avait changé pour quelque chose de plus serein, la sirène avait passé ses mains sur ses épaules et ils avaient continué de se fondre dans la foule. Pendant un court instant l’esprit du démon de feu ne vagabonda pas, étant simplement là, calme et presque agréable, lui qui était plus connu pour ne pas tenir en place plus de cinq minutes, presque toujours irritées avec une centaine de répliques cynique et sarcastiques qui ne demandait qu'à être libéré, mais cette fois non. Du moins pas immédiatement, mais le cynisme était ancré en lui de manière indélébile et une remarque aguicheuse ne tarda pas à franchir ses lèvres, provoquant un rougissement immédiat pour son plus grand plaisir.

-Je viens de t’avouer que j’étais tombée amoureuse, et toi tu me proposes ça à ce moment précis ? Le diable serait-il possessif ?

Alors qu’un sourire de requin s’élargissait sur ses lèvres, il ne l’avait pas lâché du regard.

-Peut-être bien, peut-être pas … Je te laisse deviner. Mais justement puisque tu es amoureuse il n’y a pas meilleur moment pour que je tente ma chance une nouvelle fois, avant qu’il ne soit définitivement trop tard… Ce n’est pas comme si je te proposais de sortir avec moi, ça n’engage à rien.

Il s'était contenté d'un sourire doux, sans rien ajouter de plus, savourant simplement la sensation de quelques pas agréablement menés en bonne compagnie alors que ses mains s’étaient accrochées naturellement à sa taille. Il savait pertinemment qu’elle était définitivement trop sage pour se fourvoyer avec lui, en attestait le frémissement et le raidissement presque imperceptible qu’elle avait eu à son contact. Il la sonda du regard à cette réaction, mais ne dit rien, la laissant enfermer tout ça dans le silence de sa voix. Il n’est pas idiot, il a senti toute la tension naitre dans ce geste subtile de la même manière qu’il a vu depuis très longtemps les cicatrices qui se dissimulent sous l’encre de ses bras. Il n’a jamais rien demandé et ne compte pas commencer ce soir. Toutefois il se montre désormais plus attentif à ses réactions et à l’ambiance qui les entoure, même si ça ne l’empêche pas de jouer un peu sur sa naïveté touchante et, bien souvent, amusante. Surtout quand elle semble croire que tous ceux qu’il s’amuse à flouer sont les gens les plus honnêtes qui soient.

-Avec plaisir. J’en prends bonne note.

Il ne refusait jamais, ou très rarement, une invitation et avait poursuivi ce pas de deux sans relever, préférant à la place revenir sur cette question des sentiments et de leurs prix. Est-ce que le montant mis en jeux valait la peine qu'elle se ruine pour s'offrir ce ticket de loterie ? C’était là une question éternelle. Et il avait donné sa réponse. Il ne s’était juste pas attarder longtemps à dire qu’il avait toujours considéré le prix des tickets de loterie comme une taxe sur la bêtise des participants, plutôt que comme une nécessité.

-J’ai plus peur. Je pense qu’à ce moment précis, je serais capable de sortir dehors et de crier ce que je ressens à la face du monde. Mais ça se fait pas, n’est-ce pas ?

Il avait haussé les sourcils, sourire éternellement accroché aux lèvres, lui lançant un regard des plus amusés avant de rétorquer de ce ton plein de malices.

-Ca se fait bien plus que tu ne l’imagines, c’est même très facile. Je serais même très curieux de voir ça, au point de te suivre. En revanche il faut être prêt à assumer pleinement ensuite … et ça ma chère amie c’est nettement plus difficile.

En revanche il manqua s’étouffer à la réflexion suivante que laissa échapper la jeune femme entre ses bras. Dommage que son verre ait été si loin sur la table.

-Je crois que c’est la pire idée que tu ais pu avoir Victoria ! … Certes je connais parfaitement les tourments des âmes et des cœurs, certes je suis le Diable, mais je ne suis certainement pas assez hypocrite pour faire de mon job un précepte auquel je ne crois pas et auquel je ne serais jamais fidèle… J’ai encore assez d’honneur pour m’éviter de tomber si bas.

Il n'était pas vexé pour autant et offrit un nouveau sourire à la sirène après s'être écarté pour mieux croiser son regard le temps de ces paroles, en profitant pour la faire doucement tourner ensuite. Mais l’alcool avait vraisemblablement compliqué l’équilibre de la jeune femme qui glissa sous ses yeux sans qu’il n’ait le temps de la rattraper ou de la maintenir debout. Et quelque chose avait instantanément changé dans l’ambiance autour de leurs deux personnes, il l’avait immédiatement ressenti et il avait attrapé la main de la sirène pour la relever sans rien dire, sentant que le moment n’était pas à la plaisanterie. La jeune femme debout, ils auraient pu simplement s’éloigner et retourner à leur table, mais un gloussement discret et court s’échappa dans son dos, tendant un peu plus l’atmosphère… jusqu’à l’éclatement.


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Dim 19 Juin - 20:11





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La discussion se poursuivait invariablement alors que petit à petit, je prenais conscience de celle que j'étais, et des sentiments qui se cachaient sous cette couche d'assurance et de faux-semblants. J'étais tellement bonne menteuse que je parvenais à me mentir à moi-même. Mais les paroles que le démon me soufflait avaient l'air d'éclaircir progressivement mon petit cervelet. Certes, la vie était une garce, ça, je le savais, mais Daemon avait raison quand il disait que lorsque la vie offrait quelque chose, il fallait saisir sa chance. Et elle m'envoyait des perches qu'il valait mieux que je saisisse si je ne voulais pas me maudire le reste de mes jours pour ma bêtise.

« Oui, je comprends, de vivre dans l'instant présent... Tout s'éclaire. »

Oui, j'avais l'impression que d'un coup, ma vision des choses était plus étendue, plus globale. Mais c'était sans doute l'alcool qui parlait à ma place. L'alcool... Ce vilain avait tendance à me faire dire des choses qui dans ma tête me paraissait sensés, mais qui, prononcés ne voulait rien dire. Nous nous étions finalement retrouvés sur la piste de danse, lui et moi, dans une foule de gens. Il était paradoxal de dire qu'en même temps, nous étions dans l'intimité. Tout d'abord, une danse endiablée entre le diable et la sirène, je m'étais déhanchée, j'avais expulsé tout ce stress hors de moi. J'avais besoin de bouger, de m'agiter comme une puce électrique pour me sentir bien. Mon regard était incroyablement doux à l'égard du jeune homme. Oui, je le considérais comme mon ami, et oui, j'avais tendance à lui faire bien plus confiance qu'au premier venu (même si ce dernier clamait qu'il n'était pas Satan, LUI...) les gens avaient tendance à penser que sous prétexte qu'ils étaient « fréquentables », cela valait la peine de les écouter. Mais le Vicomte du diable vauvert aurait pu m'accorder audience que je n'aurais prêté attention à aucun de ses arguments, aussi sages, soit-ils.

-Peut-être bien, peut-être pas… Je te laisse deviner. Mais justement puisque tu es amoureuse il n’y a pas meilleur moment pour que je tente ma chance une nouvelle fois, avant qu’il ne soit définitivement trop tard… Ce n’est pas comme si je te proposais de sortir avec moi, ça n’engage à rien.

Un sourire doux accueillit son discours, alors qu'une main fraiche se posait sur la joue du diablotin. Une mine rieuse illuminait mes traits. Je me balançais légèrement, la proximité entre nos deux corps était grande, et pourtant, pourtant, je restais droite dans mes bottes, même si Daemon était séduisant, tant d'autres avant moi avaient succombé, mais je savais que je résisterais, il le fallait.

« Allons... Pour que je sois un trophée parmi tant d'autres Daemon ? Je sais que si je succombe, je perdrai alors tout attrait à tes yeux. Ce n'est pas vrai ? Alors aujourd'hui, je vais passer mon tour mon mignon. »


D'autres que moi auraient sans doute senti la tension dans l'air. Mais j'avais tendance à être dans ma petite bulle. A part. Oui... La gamine un peu bizarre de la cour qui fascine autant qu'elle rebute. Je pense que je devais faire un effet aux gens qui se trouvait sensiblement dans le même registre que celui que Daemon faisait aux gens. Peut-être un cran en dessous ? Enfin... Les gens me faisaient bien rire, toujours à se fier aux « on dit ».

-Avec plaisir. J’en prends bonne note.


Je hochais la tête. J'invitais pas les gens à moitié. Mon appartement, c'était mon refuge, et rares étaient ceux pouvant se vanter d'y poser un orteil. (le dernier vendeur de porte-à-porte avait eut le malheur de poser son pied dans l'ouverture de ma porte pour m'empêcher de la refermer avait finit avec un coup de pied dans les valseuses. ) On ne rigolait pas avec ça ! Prise de folie, je parlais de l'idée qui venait de me traverser la tête à l'instant. L'une des choses les plus folles que je n'ai jamais faites (Enfin... Façon de parler ! )

-Ça se fait bien plus que tu ne l’imagines, c’est même très facile. Je serais même très curieux de voir ça, au point de te suivre. En revanche il faut être prêt à assumer pleinement ensuite … et ça ma chère amie c’est nettement plus difficile.

Ha oui ? Moi qui pensais ne voir ça qu'à la télé, dans les comédies romantiques qui passaient parfois à la télé. En fait, la plupart du temps les couples manquaient de caractère. Ils étaient assez bateaux, même si, pour certains, ils restaient touchants. Les couples étaient-ils tous aussi... Mou du genou ? Enfin... J'avais tendance à avoir de la bouillie à la place du cervelet quand je pensais à ce cher marin, j'espérais juste que ce ne soit que passager et du à l'alcool, sous peine, dans le cas contraire, de passer pour une dinde à ses yeux. J'avais l'impression d'avoir les idées qui fusaient, le crâne qui fonctionnait à 100 à l'heure. Trop d'images, trop d'infos, trop de tout !

« Tu crois qu'les autres me font peur ? »



Je ne finissais pas ma réplique... Parce que dans le fond, c'était la vérité, j'avais une peur panique des autres. Et je semblais incapable de contrôler mes angoisses à ce sujet. J'avais trop souffert pour que cela ne se répercute pas au plus profond de mon être. Je lui fis part de mon idée qui n'avait de brillance que le nom. Mais avec l'alcool que j'avais ingurgité, vous vous attendiez peut-être à ce que j'invente un nouveau principe de physique quantique ? En tout cas, ma réflexion fit tiquer mon interlocuteur. Qui me rabroua gentiment. J'arquais un sourcil.


« Dommage, la culotte et l'arc de cupidon te serait allé à merveille. Ce sera pour une autre vie. »


J'avais chuté. J'étais tombé, par chance, mon cavalier eut la galanterie de faire comme si rien ne s'était passé, mais ce n'était pas mon cher ami qui, justement m'inquiétais. En attrapant sa main, je regardais tout autour de moi sans dire un mot. Ils m'avaient vu. Ils allaient en profiter pour se moquer de moi, la preuve, ils me regardaient tous. Tous... Ils allaient me faire du mal, je le savais. Et même la présence de Daemon n'y changerait rien... Non. Un gloussement se fit entendre, et j'identifiais sans mal d'où il provenait. Je sentais mon sourcil droit gigoter dans un tic montrant l'énervement croissant qui battait mes veines, voir même mes tempes. J'étais tellement en rage que mon estomac se tordait. Elle se moquait de moi... Oui, je la voyais. Son verre à la main, l'œil moqueur. Elle voulait me ridiculiser devant tout ce monde. Elle voulait me retirer le contrôle que j'avais sur la situation. Je l'avais vu... Je savais où elle était. J'attrapais un des tabourets du bar près de moi. Il régnait un silence de mort. Ou alors était-ce le sang qui battait dans mes oreilles qui occultaient tout le bruit ? Petit à petit, mon visage s'était coloré de rouge. Ce jour était donc celui où ce tabouret apprit à voler au travers des pièces. Il atterrit dans un bruit sourd aux pieds de la donzelle, qui, sous le choc, en perdit l'équilibre. Je traversais donc la foule pour lui attraper le verre des mains et le lui renverser sur la tête, tendis que d'une voix basse et grondante.

« Maintenant, tu peux rire, mon poussin. »


Je me détournais soudainement de la personne. Je me serais écoutée, j'aurais défoncé tous les lieux, j'aurais tiré à vue sur ces gens avec des chaises et des verres. Et ça ne m'aurait pas gêné plus que ça. La seule chose qui m'en empêcha, ce fut cette petite pensée pour mon ami et du prix à payer pour tout réparer. Je fusillais du regard la moindre personne qui croisait mon regard, m'offrant même le luxe de montrer mes belles quenottes à certains, avant de me diriger prestement vers la sortie. Je n'en pouvais plus, de ce monde tordu et de ma propre vision qui était viciée.





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Mar 5 Juil - 18:34



Alcohol... Because no great story starts with salad


Victoria O'Donnel & Daemon McDonalds



Méphisto n’était pas le gentil de l’histoire. Que ce soit dans ce monde ou dans les autres. Non pas qu’il désirait le titre de héros, ça ne lui collait de toute façon guère à la peau. Ca n’était pas lui et il l’assumait comme il assumait ses faiblesses autant que ses actes. Il assumait le rôle qu’il s’était choisi et il bouillait, souvent, derrière ses sourires, de voir tous les autres se cacher derrière milles excuses ou en se voilant la face. Non Méphisto était le méchant des histoires. Il était celui que l’on se refusait de comprendre, celui à qui l’on renvoyait éternellement les mêmes questions… Pourquoi était-il aussi mauvais ? Pourquoi faisait-il tout cela ? Et lui se demandait pourquoi personne ne pouvait accepter qu’il était simplement ce que sa nature tout comme celle des autres et son existence avait fait de lui. Alors vivants comme damnés le trouvaient détestables, à quelques exceptions près. Des exceptions dans le genre de Victoria. Mais quoi de plus normal pour deux sombres tentateurs que de s’accorder parfaitement auraient soufflé nombres de mauvaises langues. Après tout il était bien connu que les sirènes étaient les démons de l’océan. Alors quoi de plus normal pour un démon que de charmer un autre démon ? Ce n’était pas pour rien que le Diable avait élevé le jeu de la séduction au rang d’art. Un jeu qu’il se plaisait à jouer avec la sirène, il ne le nierait jamais et elle l’avait bien compris.

-Allons... Pour que je sois un trophée parmi tant d'autres Daemon ? Je sais que si je succombe, je perdrai alors tout attrait à tes yeux. Ce n'est pas vrai ? Alors aujourd'hui, je vais passer mon tour mon mignon.

Le contact frais contre sa peau nettement plus chaude, alluma une étincelle rieuse au fond de son regard, allumant une once d'existence pétillante à souhait. Mais c’était à leur image. Elle était le jour, il était la nuit. Elle était l’eau, il était le feu. Elle était son antipode, il était son contraire. Si bien qu’ils étaient d’une certaine façon de ceux qui se refusent autant qu’ils s’attirent. Pourtant une pointe d’amertume enrobée de cynisme se glissa dans ses paroles.

-Tu te trompes… Je ne suis pas aussi superficiel que tu l’imagines. Du moins pas au point de ne m’arrêter qu’à ça ou aux apparences. Pas à chaque fois. Bon j’admets que si tu venais à succomber tu me surprendrais sans aucun doute, mais ce n’est pas le seul intérêt que tu présentes à mes yeux. Loin de là... Ne te sous-estimes pas... Je veux bien accepter l’étiquette de don juan, même si je la trouve incroyablement réductrice et incomplète, mais je comprends ton refus et je suis beau joueur.

Des étiquettes il en avait une multitude dans ce monde. On appelait le Diable le père des mensonges, celui qui corrompt et pousse aux vices. On disait qu’il était loin d’être inconnu aux sept péchés capitaux. Et si il assumait la plupart de ces dires sans rien dire, sans forcément démentir, il les trouvait quand même incroyablement incomplète. Il n’avait jamais juré fidélité à qui que ce soit. Il n’avait jamais trouvé scandaleux de répondre ou de profiter de chaque occasion qui se présentait. A vrai dire il n’avait jamais réellement trompé personne et avait toujours était clair sur ce qu’on pouvait attendre de lui. Le jeu se faisait toujours entre adulte consentant. Il suffisait juste de ne pas craindre parfois de se brûler les doigts.

Il n’avait pas relevé d’ailleurs la perche tendu d’elle-même par la brune sur ses craintes. Après tout elle avait semblé se rendre parfaitement compte de la vérité qu’elle cachait si bien ou presque. Il préféra à la place continuer de profiter de ses pas de danses tranquilles et de cette proximité qui n’irait sans doute jamais plus loin. Mais c’était au fond le charme de tout ceci. En revanche il n’était décidément pas prêt à accepter l’étiquette de conseiller matrimonial. Victoria aurait beau dire qu’il avait de précieux conseils sur le sujet, elle n’arriverait jamais à le convaincre de consacrer tout son temps à ça. Et puis c’était lui imposer trop de limites. Mais la sirène semblait bien vouloir s’accrocher à cette idée au lieu de l’oublier complétement.

-Dommage, la culotte et l'arc de cupidon te serait allé à merveille. Ce sera pour une autre vie.

Une flamme malicieuse et de mauvaise augure pris place au fond de ses prunelles noires. Il y avait des fois où le diable se demandait si elle ne faisait quand même pas exprès de lui donner l’opportunité de s’amuser un peu d’elle.

-Oooh alors c’est comme ça que tu aimes m’imaginer ? Je m’en souviendrais. Et dire que j’aurais cru que c’est plutôt avec une six cordes et un look de rockstar tatoué ou une paire de menottes que tes fantasmes m’auraient fait hanter tes rêves…  Bon, j'avais une chance sur deux après tout, mais si tu me préfères en cupidon Victoria, je peux faire de mon mieux pour m'adapter.

Son interrogateur ne se vantait pas quand il affirmait avoir une mémoire prodigieuse, il n'oubliait rien, surtout pour ce genre de choses ... Et il était en plus de ça passé maitre dans l'art de tourner et retourner une phrase de manière à lui donner une signification que sa propriétaire d'origine aurait renié, lorsqu'on lui remettait sous les yeux ce qui lui avait échappé ici et là. Comme à l’instant. Une phrase qu’il ne pouvait clairement pas laisser passer, tout comme la possibilité d’accroitre son malaise.

-Alalah si j’avais su… mais peut-être que si je renouvelle mon offre précédente en mettant dans la balance l’arc et le costume tu lui accorderas plus de crédit ?

L’ambiance aurait pu rester ainsi, ils auraient même pu poursuivre leur petit jeu malgré la chute de Victoria qu’il avait relevé d’un geste souple. Après tout ça n’était qu’un incident sans importance et qui n’aurait pas dû les arrêter dans ce bon moment. Ils auraient pu repartir à leur table sans que presque personne ne les remarques, mais une personne avait eu le malheur de laisser échapper un de ses rires nerveux, bien souvent involontaire. Et quiconque ne les avait pas remarqué jusqu’alors à cause de la musique et de la foule ne put rater le passage du tabouret qui manqua d’un cheveux sa victime, sous les yeux relativement amusé de Daemon. Un Daemon qui ne fit même pas mine de retenir sa cavalière quand celle-ci s’avança pour confronter celle qui lui avait jeté son affront aux oreilles. Au contraire lorsque le cerbère qui tenait le bar fit mine de s’approcher pour éteindre le chaos dans l’œuf, il l’a confronta et la stoppa d’un regard noir quand bien même ses pupilles avaient clairement viré au rouge. Un regard qu’elle lui retourna mais qui suffit à refroidir quiconque se tenait autour d’eux. La sirène pendant ce temps avait tôt fait de renverser son verre sur la tête de l’idiote qui avait cru pouvoir rire de tout ça.

-Maintenant, tu peux rire, mon poussin.

Quel tempérament de feu. Daemon, en con heureux malgré ce que le grabuge risquait de lui coûter, était bien content qu’elle se soit enfin décidée à sortir sa langue et ses griffes. Il baissa doucement les yeux sur la pauvre fille qui ne s’était pas encore relevé après ce choc, dessinant un pâle et discret sourire sur son visage, amusé par  l’impudence et l’innocence de la sirène. Bien qu’il se moquait en silence, il appréciait franchement la bravoure et l’impulsivité dont elle venait enfin de faire preuve, se battant pour ce qui était précieux à ses yeux d’une certaine façon. Mais elle s’était malheureusement éclipser trop vite, laissant le génie quelque peu sur sa faim. Génie qui s’éclipsa à son tour après avoir repris sa veste et échangé un dernier lourd regard avec son associé. Il avait suivi le chemin que s’était fait la sirène à coup de regard noir, sortant finalement du bar bondé, pour se retrouver accueilli par l’air frais de la nuit. Il s’était stoppé le temps d’un regard à droite et à gauche pour repérer la silhouette  de sa catcheuse préférée après la Baronne. La rejoignant en quelques foulées de ses grandes jambes, le diable lança quelques mots, éternellement taquin.

-Alors comme ça tu m’abandonnes sans un mot ? Je suis incroyablement vexé…

Il leva les yeux vers le ciel rempli d’étoiles, pensif, à l’affut du moindre tic révélateur que pourrait lui offrir la jeune femme. La soirée étant bien avancée, le fond de l’air était relativement frais.

-Belle soirée, n’est-ce pas ?

Un sourire digne de lui avait suivi ses mots teintés autant d’ironie que de cynisme.


◈ ◈ ◈











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Piranha Cannibale
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Dim 10 Juil - 12:58





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La glace, le feu, c’était une vieille rengaine, une chanson éternelle qui ne prendrait sans doute jamais fin. Cette chanson, elle résonnait à ce moment précis dans mes oreilles, alors que les profondeurs glacées de l’océan se frottait aux ténèbres brûlantes du tréfonds de la terre. Tous nous séparaient. Et pourtant… Pourtant… Nous avions réussi à nouer un lien que même la plus solide des haches ne parviendrait à entamer. Et je le savais, au fond de moi… Et j’étais sans doute stupide, pour ce monde, moi, la créature marine qui n’y connaissait pas grand-chose, mais je savais reconnaître l’acidité se cachant derrière les mots.

-Tu te trompes… Je ne suis pas aussi superficiel que tu l’imagines. Du moins pas au point de ne m’arrêter qu’à ça ou aux apparences. Pas à chaque fois. Bon j’admets que si tu venais à succomber tu me surprendrais sans aucun doute, mais ce n’est pas le seul intérêt que tu présentes à mes yeux. Loin de là... Ne te sous-estimes pas... Je veux bien accepter l’étiquette de don juan, même si je la trouve incroyablement réductrice et incomplète, mais je comprends ton refus et je suis beau joueur.

Un sourire étira mes lèvres pâles alors que je plongeais mon regard dans le sien. Non pas que je le réduise à un simple séducteur, loin de là… Mais succomber à ses charmes reviendrait à lui prouver qu’une amitié n’est pas possible, d’une part et d’autre, que je suis la vile créature damnée que tous voulaient bien voir. Les hommes ont tendance à prendre tous ce qu’ils peuvent, puis jeter les restes. J’en avais été tant de fois témoins au cours de mon existence… Tant de fois… Que je n’arrivais pas à avoir une confiance sans borne. On l’avait arraché en même temps qu’on avait fait de même avec mes nageoires. On m’avait retiré tout ce en quoi je croyais. On avait piétiné du bout de la semelle mes rêves. Devais-je me montrer pour autant inaccessible ? Bon… Après tout, lui n’y était pour rien. Mais je sentais cette même amertume que tout à l’heure dans le fond de ma gorge. Comme si une boule de colère froide s’y était formée. Une boule noire… Tellement dure. J’avalais ma salive, secouant doucement la tête.

« Tu n’es pas superficiel. Tu es même un parfait gentleman… Séducteur certes, mais toujours courtois, du moins avec moi. Mais non… Je ne peux pas. J’ai trop besoin de toi tel que tu es à cet instant précis. C’est cruel, mais tu me connais, je dirais toujours le fond de ma pensée… Et je continue de penser que… Si je ne te résistais pas, je serais beaucoup moins intéressante à tes yeux. Résister… C’est prouver qu’on a du caractère, et moi, qu’est-ce que je suis sans mon petit tempérament ? Rien d’autre qu’un jouet cassé. Et donc… Totalement inintéressant. »

Au fond de mon regard brillait un feu glacé, se mêlant au feu sombre de la folie. Au fond de cette enveloppe brisée restait une bête féroce prête à se battre contre tout et tout le monde. Prendre le monde comme il est… Une bonne brochette de merdeux prêt à t’égorger, et… Quelques jolies perles rares qu’il faut chérir jusqu’au bout. Quelques rencontres qui nous font nous dire qu’au final, être vivant… C’est bon. Qu’être entouré de ses proches, c’est la meilleure des armures contre un monde qui ne veut pas de toi, et n’en a jamais voulus. Alors tu continues à avancer dans la vie, en offrant ton majeur à cette petite destinée qui a choisis pour toi la misère et la douleur. Tu lui prouves que tu peux aussi être heureuse… Mon cerveau se perd dans mille et une pensées, m’emmenant progressivement au loin… loin de tout ça, loin de toute la douleur, seulement dans une danse agréable, auprès d’un ami qui l’est tout autant.

-Oooh alors c’est comme ça que tu aimes m’imaginer ? Je m’en souviendrais. Et dire que j’aurais cru que c’est plutôt avec une six cordes et un look de rockstar tatoué ou une paire de menottes que tes fantasmes m’auraient fait hanter tes rêves…  Bon, j'avais une chance sur deux après tout, mais si tu me préfères en cupidon Victoria, je peux faire de mon mieux pour m'adapter.



Une mine rieuse passa sur mon visage, tandis que petit à petit mon visage se colorait de rouge. Signe de gêne. Et croyez-moi… Ma peau était tellement pâle que lorsque je rougissais, on le voyait de la racine de mes cheveux au creux de mon décolleté. J’étais une erreur de la nature. Une sirène qui ne maîtrisait pas le jeu de la séduction, c’était un peu un paradoxe non ? ça avait un côté particulièrement stupide… Mes sœurs sont des séductrices hors pairs. Moi j’avais passé plus de temps à explorer ou à me cacher dans les profondeurs marines pour vraiment être en mesure de me démarquer. Moi… J’étais l’anomalie, et je l’avais toujours été. La bizarrerie sur patte, la cousine dont on aime ignorer le lien de parenté quand ça arrange. Mais je lui répondis quand même sur un ton taquin, parce que c’était lui… Et parce qu’avec lui, je savais que je pourrais me permettre un peu près tout sans être trop jugé. Après tout j’avais un spécimen tout particulier face à moi.

« Ho le look Rockstar me vend du rêve aussi tu sais… Mais celui de cupidon laisse moins de place à l’imagination… Et puis j’aime la symbolique du petit arc. Mais si te viens un jour l’idée d’un relooking Rock… Tu sais que ma petite machine ainsi que mes talents n’attendront que toi, n’hésite pas hein. »


Un peu de pub ne pouvait faire de mal à personne. Vraiment. Je ne m’étais pas si mal débrouillée… étant donné mon caractère. BON j’avais à moitié mangé mes mots, et bégayer, c’était le risque quand on arrivait à ce sujet. Je devenais incapable de faire des pointes d’humour aussi savantes que d’habitude. D’ailleurs je devenais incapable de réfléchir tout court… Il faudrait sans doute que j’en parle un jour au bon docteur. Il allait vraiment pouvoir se payer un cabinet tout neuf avec toutes mes visites, je me demandais comment il prendrait le fait que je vienne le voir pour une histoire de malaise face à un petit mot de quatre lettres, pourvue du fameux petit « X » au milieu. Daemy continua sur cette lancée, enfonçant une porte ouverte et faisant totalement dérailler mon cerveau qui avait déjà du mal à aligner deux pensées cohérentes.

« Je… Tu… Nous… Arh, tu… Tu t’amuses de mes faiblesses, range ta kryptonite tout de suite ou je serais forcée de te faire fuir en te parlant de bisounours, de paix, et de chômage technique ! Attention à toi ! t’es prévenu ! »

Mais tout ce qui était bon-enfant jusqu’à présent dérapa de façon dramatique et se finit comme sur un ring de catch, une chaise PRESQUE dans la bouille de la malheureuse qui avait osé rire de mon agilité incroyable sur milieu terrestre, j’avais choisi de fuir, de partir. L’endroit m’étouffait et j’avais peur… Peur du reste du monde, de leur action, peur de ce qu’ils seraient en mesure de me faire si je restais sur place… Les gens étaient mauvais… Des fois ils étaient même plus mauvais que le diable en personne, et j’avais un comparatif, oui j’savais un peu comment voir les choses. J’avais vu un monstre dans les profondeurs de ce château, bien des années auparavant. J’avais réussi à tout oublier après un an de solitude totale. J’étais parvenue à accepter celle que j’étais devenue. Puis j’avais été emportée ici, j’avais tout oublié, et j’avais mené ma petite vie tranquille, et le retour de mes souvenirs avait fait venir des lames du fond de l’océan pour me lacérer de l’intérieur, les souvenirs étaient remontés et m’avait emporté tel un tsunami, coupée, déchiquetée, emportée par les impitoyables flots du souvenir, chaque blessure, chaque cicatrice m’était revenu en mémoire, la douleur fugace d’un infime instant, le temps de quelques secondes, et il n’y avait pas pire douleur… Ce jour-là… Alors que tous étaient heureux du levé de malédiction, quelque chose s’était cassée en moi… Quelque chose que même la baguette magique de Marraine la bonne fée n’aurait pu réparer. Que même la super glu dont on rabat les oreilles des pauvres consommateurs à coup de pub idiote n’auraient pu réparer. Moi j’étais brisée, et je devais vivre chaque jour avec cette plaie béante. Moi j’étais cassée, et je ne rêvais que du jour où chacun de mes morceaux me serait rapporté. Le vent jouait avec les mèches de mes longs cheveux bruns pour l’occasion, alors qu’à la lumière des néons de la ville, ils me semblaient tantôt bleu tantôt rouge. Mon regard était perdu dans le vide, observant les voitures passer sans les voir. Qu’est-ce que je pouvais bien foutre ici… Qu’est-ce que je pouvais bien fiche si loin de chez moi… Et pourquoi cette soif de voir le reste du monde ? Pourquoi était-elle toujours présente après tout ce qui s’était passé ? Pourquoi j’étais tombée amoureuse de la terre et de ses humains, pour finir par craindre les habitants ? Pourquoi ? Je me laissais aller contre le mur de la bâtisse, poussant un énième soupir.

-Alors comme ça tu m’abandonnes sans un mot ? Je suis incroyablement vexé…Belle soirée, n’est-ce pas ?


Je lui attrapais la main du bout de la mienne, regardant un instant sa paume. Lors d’un de mes voyages, il y a bien longtemps, j’avais appris à lire les lignes de la main auprès d’une voyante… Je suivais du bout des doigts le tracé des sillons de sa paume, me raccrochant à cette seule chose pour me contenir, me raccrochant à cette tâche pour faire passer cette boule de rage que je ressentais au plus profond de moi.

« Oui… Parfois je préfère ma petite solitude, surtout quand j’ignore de quoi je suis capable… Je voulais pas te faire de mal. »

Une voix rauque, je m’étonnais de n’y percevoir aucun grognement bestial. Des fois j’avais l’impression qu’un passager revêtait mon corps pour faire tous ces trucs de dingues. Mais en fait… J’étais juste timbrée. Je relevais les yeux vers le ciel. Je l’avais vu bien plus beau, traversé d’aurores boréales, les feu du ciel, bien à l’aise dans cette eau glacée. J’avais vu le ciel prendre feu face à l’immensité d’un coucher de soleil… Ce ciel-là, il n’avait rien à voir avec celui que j’aimais, il était parsemé de nuages de pollution, et pourtant… C’était ce ciel que j’avais choisis, celui où ne brillait qu’une poignée d’étoiles.

« Oui… On peut dire ça comme ça, au moins, il fait bon. »


Je me laissais choir par terre, me fichant complétement de ma tenue, tirant très légèrement sur le bas ne ma robe pour ne pas dévoiler ce qui devait rester cacher. Mon visage piégé dans une moue boudeuse.

« Elle l’a bien cherché… Je regrette juste de l’avoir loupé avec le tabouret. J'ai une très mauvaise vue tu sais ? »


Bah oui... Quand on refusait de mettre ses petites lunettes, parfois, c'était le risque...







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Mar 19 Juil - 23:17



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Victoria O'Donnel & Daemon McDonalds



Tenter.

Rien qu’un verbe du premier groupe qui finit en -er, qui se décline comme le verbe manger, sans difficulté aucune et donc d’un désintérêt total pour le Bescherelle. Pourtant tenter c’était devenu au fil des siècles sa fonction première, sa nature même, sa source de divertissement, sa vengeance personnelle, ce par quoi le monde avait fini par le définir, tant il excellait dans ce domaine. Provoquer les gens, noircir leurs âmes, attiser en eux quelque chose de profondément caché ou plus souvent égoïste… sans le moindre scrupule, sans la moindre once de remords. De ce fait, Daemon concevait que le monde n’éprouve que haine et dédain envers lui, il acceptait même cette condition d’être réduit à un simple démon aux yeux de la populace. Et puis … il y avait ceux comme Victoria. Ou plutôt il y avait Victoria. Celle qui osait dire tout haut que le Diable pouvait être un ami. Et ils étaient trop rares ceux qui l'appelait ainsi avec toute la sincérité du monde. A vrai dire à sa connaissance il n’en avait même aucun. Aucun de totalement désintéressé. Car on ne le considérait jamais vraiment pour sa seule personne, on n’attendait, on espérait toujours quelque chose de lui. C’était devenu quelque chose de normal, c’était son rôle … et si on avait encore pu secouer ses chaines magiques pour obtenir ses services, si on pouvait réussir à mettre la main sur son briquet maudit alors à coup sûr très peu aurait hésité. Sur le nombre de main qui avaient pu se poser sur l’objet magique toutes avaient toujours servi des buts égoïstes. Même la Baronne n’avait jamais été totalement altruiste en lui offrant de le sortir de sa prison. Car c’était là la nature même de l’être humain. Il aurait pu haïr l’homme pour ça. Il avait choisi à la place d’en profiter tout autant. Car c’était sa nature à lui aussi.

Pourtant, malgré cet état de fait, il avait toujours l’impression d’apparaitre comme la seule personne éveillée au milieu d’une foule égarée dans un cauchemar… Si les acteurs donnaient à un décor de théâtre les couleurs de la réalité, Méphisto lui transformait la réalité en un théâtre. Un théâtre dont il était le seul acteur, reléguant toute autre personne au rang de figurant et de spectateur. Un théâtre qui gravitait autour de lui, un théâtre où il pouvait être lui-même, au lieu de tenir maladroitement le rôle que les autres auraient voulu lui imposer. Un acteur… oui. Un acteur qui avait assez de talent pour improviser le rôle qu’il s’était choisi, au lieu de se plier à l’histoire qu’une certaine gardienne de puit avait cru pouvoir écrire pour lui. Il n'était pas qu'un démon dans une boite que l'on tentait désespérément de confiner, à se débattre avec toute la violence du seul espoir qui le forçait à avancer, toujours plus loin, malgré les chaines, malgré les entraves, vers quelque chose qui était plus comme lui… vers une image de la liberté qu'il voyait désormais chaque matin dans le miroir. Le plus fascinant de tout ça, était d’ailleurs que son talent était tel qu’au lieu de s’éveiller à la réalité quand les autres le secouaient comme un prunier, il finissait fatalement par entraîner les autres dans son rêve. Dans son théâtre. Sa relation avec la sirène en était d’ailleurs le parfait exemple. Cette relation qui n’aurait pu ainsi n’être qu’une distraction innocente, elle s’était pourtant étrangement muée en une chose que lui-même n’aurait pas forcément cru. Une chose qui expliquait sans doute qu’il ressentait le besoin d’en tenter les limites bien plus que pour simplement profiter de sa naïveté candide. Pour se prouver qu’elle n’était peut-être en rien différente au fond. Mieux valait ne pas savoir. Qu’elle refuse de céder à la tentation était d’ailleurs tout à son honneur. Il n’avait d’ailleurs pas manqué de relever que ce n’était pas qu’elle ne voulait pas s’aventurer dans cette voie. Mais bien qu’elle ne pouvait pas… parce que cette relation actuelle lui apportait finalement plus que ce que son jeu de séduction avait à offrir. Il aurait pu retourner ses mots contre elle dans une nouvelle attaque, mais ce contenta à la place de laisser glisser un doux sourire sur ses lèvres.

-Ne t’inquiètes pas… ta cruauté et loin de me porter le coup fatal. Mais ne m’en veut pas si je continu quand même de jouer les tentateur dès que j’en ai une bonne occasion. Je suis trop habitué à ce petit jeu pour m’en défaire… Tu n’auras qu’à simplement continuer de résister encore et toujours, ça me convient tout autant.

L’occasion ne tarda d’ailleurs pas à venir d’elle-même et soufflé par nulle autre que la demoiselle qui continuait de danser entre ses bras. Une occasion trop belle pour que le Diable n’y jette pas son petit grain de sel piquant personnel. Et c’est à ce genre de situation qu’il ne pouvait définitivement pas renoncer pour rester bien sage. La remarque avait indéniablement fait mouche, étirant chaque coin de ses lèvres en un sourire satisfait tandis qu’il constatait la coloration instantanée de la peau habituellement pâle de sa cavalière. Cavalière qui ne chercha pas vraiment à nier jusqu’à quel point pouvait aller ses pensées à son égard, quand bien même c’était lui-même qui les soufflait le premier… ou peut-être pas ? Peut-être avait-elle déjà vraiment fantasmé sur sa personne. Difficile de juger les bégaiements pour ce qu’ils étaient. Elle préférait d’ailleurs noyer le poisson en rebondissant vers un autre sujet mis en parallèle.

-Hm, j’y songerai peut-être un jour, qui sait.

Se réjouissant visiblement du trouble de sa cible, Daemon s'en rapprocha alors de quelques pas, plongeant son regard de prédateur dans celui quelque peu éberlué de sa proie.  Il savoura d’ailleurs encore quelques instants son embarras avant de lui murmurer doucement à l'oreille, tout en continuant de mener la danse, les mots qui lui firent perdre définitivement ses moyens…

-Je… Tu… Nous… Arh, tu… Tu t’amuses de mes faiblesses, range ta kryptonite tout de suite ou je serais forcée de te faire fuir en te parlant de bisounours, de paix, et de chômage technique ! Attention à toi ! t’es prévenu !

Si son sourire le plus malin n’avait pas déjà été à son paroxysme nul doute qu’il se serait encore élargi de quelques centimètres face à ce qui n’était même pas l’ébauche d’une réelle menace à ses yeux. Il aurait d’ailleurs pu continuer de se jouer d’elle au point de faire prendre à son teint une couleur défiant toute concurrence. Il n’aurait eu pour ça qu’a arguer par exemple que finalement la résistance qu’elle opposait à toutes ses propositions particulières était bien fausse non ? Car après tout c’était bien connu, quand une femme disait non, en réalité ... Pourtant aucune remarque ne franchit jamais ses lèvres. Pas à l’intérieur du Rabbit Hole du moins. S’arrêtant face à celle qui n’avait pas fui bien loin, il aspira simplement une grande bouffée d’air frais avant de briser le pseudo silence qui les entourait, rivant son regard dans le sien avant qu’elle ne le baisse en se saisissant de la paume de sa main. Il s’était perdu un instant dans le ballet qu’avaient dansé ses doigts sur sa paume, leur température tellement en contraste. Même l’air frais de la nuit ne pouvait dissimuler la chaleur un peu hors norme qui pulsait sous sa peau.

-Oui… Parfois je préfère ma petite solitude, surtout quand j’ignore de quoi je suis capable… Je voulais pas te faire de mal.

Sans tenir compte des quelques trainards nocturnes, il avait rivé son regard sur elle, ce regard digne d’un scanner de l’âme, toujours silencieux. Il n’avait même pas rétorqué que ce n’était pas deux ou trois coups qui l’auraient mis à terre. Parce qu’il savait. Il savait ce que cachaient certaines pensées de Victoria quand bien même elle ne les avait jamais énoncé à voix haute. Il avait croisé assez d’âmes au bord du gouffre au fil des siècles. Pourtant même maintenant qu’ils se connaissaient bien, il n’avait jamais évoqué le sujet, ne posait pas de question, estimant simplement que si la sirène ne lui en parlait pas c’est que ça ne le regardait pas. Il avait seulement tiqué de la voir se laisser glisser à terre, sur un sol qui avait du voir -si dieu existait et il en doutait plus que quiconque sans doute- lui seul savait quoi, au risque de se chopper la peste bubonique à coup sûr. Il avait donc récupéré sa main, les glissant dans ses poches en quête de son paquet de cigarettes, se rabattant sur sa veste avant de pousser un soupir de résignation en se souvenant qu’il l’avait oublié dans son bureau plus tôt. Autant ne pas avoir de briquet ou d’allumette n’était jamais un réel problème, autant là il allait devoir rabattre sa frustration en même temps que son besoin de nicotine.

-Elle l’a bien cherché… Je regrette juste de l’avoir loupé avec le tabouret. J'ai une très mauvaise vue tu sais ?

Il croisa son regard avant de laisser résonner un éclat de rire bref dans la nuit.

-Je ne dis pas le contraire… mais estimes toi peut-être heureuse de l’avoir loupé au final. Sinon je pense que même moi je n’aurai pas réussi à retenir le cerbère qui se cache derrière le bar. Et crois-moi ses coups de pieds sont sans doute encore plus coriace que les sorts vaudou qu’elle peut lancer.

Le fait qu’il regrettait également que le spectacle n’ait pas duré un peu plus, fut une pensée qu’il préféra garder sous silence avant de reprendre.

-D’ailleurs, je pense qu’elle risque de t’avoir à l’œil pour tes deux ou trois prochaines visites… mais ça lui passera…

Le caractère de sa collaboratrice était particulier et si elle appréciait tout autant que lui une bonne bagarre elle n’aimait en revanche pas du tout qu’on vienne mettre le désordre dans ses affaires et sur son lieu de travail. Du moins pas trop déraisonnablement. Une main toujours dans sa poche, sa veste coincé sur son bras, il tendit finalement l’autre vers la jeune femme.

-Allez debout !

Son ton impérieux et son regard était sans appel et n’accepterait aucun refus, enchainant avant même qu’elle ne fasse un geste.

-Tu viens de passer à quiconque ici l’envie de rire de toi pour un bon moment, mais si tu restes assisse là, comme ça, tout ce que tu auras prouvé là-dedans n’aura servi à rien. Ne ruine pas ce beau moment…

Un sourire étira un instant ses lèvres, avant que qu’il ne reprenne, la mine sérieuse et la voix bien plus grave.

-On peut passer par la porte de service si tu as besoin de te passer un peu d’eau sur le visage en plus de souffler un bon coup… mais ne laisse personne te voir dans cet état. Ne les laisse surtout pas voir qu’ils ont finalement réussi à te faire douter et à te faire tomber. On pourra retourner discuter à l’intérieur une fois que tu auras soufflé un bon coup et que tu seras bien calme si tu le souhaites… Sinon je te raccompagne.


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Piranha Cannibale
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Mer 27 Juil - 21:31





Alcohol... Because no great story starts with salad





Son sourire parvint à me détendre qu’une manière que lui-même n’aurait pas pu imaginer. Daemon, c’était l’ami que j’avais réussi à me faire ici. C’était quelqu’un d’important pour moi. En fait… Bien peu étaient les personnes qui avaient réussi à nouer un lien réel avec moi. Qui m’avais poussée à me livrer plus que je ne l’avais jamais fait. Daemon était l’un d’entre eux. Notre relation avait commencé sur les chapeaux de roues. Et… J’espérais au plus profond de mon cœur que cette relation soit de celle qui apporte quelque chose à chaque partie. En réalité, j’étais tellement persuadée de ne rien valoir que j’avais tendance à me dévaloriser sans cesse. Je lui offris un sourire franc, rayonnant en répondant à ses quelques mots.

« Je te pardonne d’avance, vil tentateur ! De toute façon, si tu ne peux pas t’en empêcher, je suis bien obligée de t’accepter tel que tu es… Hein ? Et puis… J’accepte tous tes défauts, tu es mon ami après tout… »


Après tout… Aurais-je accordé une danse à n’importe qui ? Je ne crois pas. Je ne me laissais pas si facilement toucher. Tempétueuse, rebelle, distante… je l’étais. Et bien peu de personnes avaient posé les doigts sur ma peau pour en sentir les cicatrices sous la couche d’encre.
En réalité… Ils se comptaient sur une main. Et je devais reconnaître à Daemy le tact de ne poser aucune question… Alors que je savais qu’au fond il était curieux. La curiosité c’était un truc humain… Et je ne voyais pas le miroir des humains ne pas en être pourvu aussi. Un jour… un jour peut être, quand je serais prête, alors j’évoquerais ça avec lui. C’était toujours quelque chose de très dur, à la limite du surmontable pour moi… Les marques étaient encore très visibles. Autant sur mon corps que dans mon mental. Sur mon corps, elles ne partiront jamais… Mais dans ma tête, j’avais déjà réussi à faire un deuil une fois. La résurgence de mes souvenirs m’avait ramenée au même endroit. Tout au début du chemin. Je ne parvenais plus à avancer avec autant de facilité qu’avant, et je le sentais, je le savais. C’est pour cette raison que j’avais demandé de l’aide à mon psy. Et c’était des tas de moyens qu’il m’apportait chaque semaine. Puis j’avais tout fichu par terre, et j’étais sortie, j’avais fuis. Je détestais fuir. L’air frai de la nuit m’apportait la contenance nécessaire. Il m’avait rejoint. Il était là alors que d’autres se seraient sans doute barrés depuis longtemps devant tant de folie pure. J’avais attrapé sa main, chaude… incroyablement chaudes. Toutes les mains étaient plus chaudes que les miennes de toute façon. Toute forme de chaleur était conservée pour mes organes principaux afin que je puisse survivre aux températures les plus basses sans m’en faire. Mais c’était un tout autre brasier qui brûlait en Daemy, et il était foutrement puissant ! Et ne croyez pas que j’avais pas remarqué comment il s’était éloigné quand mon postérieur avait touché le béton froid. Mais j’en avais rien à fiche… On disait que l’eau était dégueu, certains laissaient sous-entendre que les poissons se reproduisaient dedans, ça pouvait pas être plus crade non ?

-Je ne dis pas le contraire… mais estimes toi peut-être heureuse de l’avoir loupé au final. Sinon je pense que même moi je n’aurai pas réussi à retenir le cerbère qui se cache derrière le bar. Et crois-moi ses coups de pieds sont sans doute encore plus coriace que les sorts vaudou qu’elle peut lancer.


Ho… J’avouais que la petite barmaid n’avait pas l’air des plus agréable… A défaut du propriétaire des lieux. Je frissonnais un instant à l’idée de me la mettre à dos. Il était vrai que ce n’étais pas très judicieux. Mais depuis quand je l’étais réellement ? J’avais pas un poil de jugeote quand il s’agissait de botter les fesses de ceux qui le méritaient. Il ajouta alors qu’elle risquait de m’avoir à l’œil. Je poussais un soupir, faisant rouler mes épaules pour en chasser les nœuds engendrés par le stress.

« J’risque d’être le centre de son attention… je déteste ça ! Mais bon… Au moins j’ai pu me défouler. C’est déjà ça. J’ai encore mes entrées dans ton petit coin pour boire un verre ou pas ? »


Il me tendit la main que je saisis instinctivement. Je me relevais, retirant mes chaussures à talon par la même occasion, il aurait été dommage de devoir dévisser un parcmètre pour l’envoyer à la tronche des gens présents. Descendant ainsi d’un étage… j’avais vraiment l’air d’une gamine à côté de lui.

-Allez debout ! Tu viens de passer à quiconque ici l’envie de rire de toi pour un bon moment, mais si tu restes assisse là, comme ça, tout ce que tu auras prouvé là-dedans n’aura servi à rien. Ne ruine pas ce beau moment… On peut passer par la porte de service si tu as besoin de te passer un peu d’eau sur le visage en plus de souffler un bon coup… mais ne laisse personne te voir dans cet état. Ne les laisse surtout pas voir qu’ils ont finalement réussi à te faire douter et à te faire tomber. On pourra retourner discuter à l’intérieur une fois que tu auras soufflé un bon coup et que tu seras bien calme si tu le souhaites… Sinon je te raccompagne.

Un sourire amusé s’étala sur mon visage alors que je glissais mon bras autour du sien, lui lançant un regard complice. L’alcool me brouillais le cerveau… mais je savais ce que je ne voulais pas. Je regardais la porte du Rabbit Hole… Avant de reporter mon regard sur mon diabolique ami. Avant de glousser.

« BON j’accepte d’arrêter de me morfondre, mais en contrepartie tu me ramène chez moi, d’accord ? Je ne me vois pas re rentrer dedans ce soir… Il fait trop chaud, et je risque d’avoir gagné quelques admirateurs… la célébrité ne me va pas au teint. »






If you'll be my boat I'll be your sea


I live to make you free But you can set sail to the west if you want to And pass the horizon, 'til I can't even see you Far from here Where the beaches are wide Just leave me your wake to remember you by  | © Vent Parisien






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