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Verity Hornet - Par le pouvoir de la vérité, j’ai de mon vivant, conquis l’univers.

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Mar 5 Juil - 19:41

Dame des ténèbres
Verity Hornet

Verity Hornet, est né(e) à Misthaven où elle était ... Dame d'une province et enquiquineuse de service . Il/Elle est tirée du roman Les Chroniques de Prydain (Taram & le chaudron magique) de Lloyd Alexander où il/elle est le Le roi cornu
ainsi que de la nouvelle Le masque de la mort rouge de Edgar Allan Poe où il/elle est la mort rouge.
Il/Elle semble avoir 35 ans, mais son âge exacte est 63 ans.
Il/Elle est arrivée à Storybrooke avec la première malédiction, elle est gérante d'une boîte de pompe funèbre.
Il/Elle est bisexuelle et elle apparaitra sous les traits de Natalie Dormer.




Story

Partie 1 : Approchez spectateurs ! Venez tous ensemble assister au Live de la Terreur !


Mon mari ? Mort… Mes parents ? Morts. Ma tante ? Morte.  Toutes ces personnes autour de moi ? Également mortes. Mon regard était vide, mes yeux posés sur ces chaînes magiques qui entravaient désormais mes poignets. Je sentais les regards dégoutés pleuvant sur moi, alors que ma cape m’était retirée, alors que ces cornes qui avaient poussées au sommet de mon crâne étaient certifiés comme appartenant à ma caboche. Je jetais un regard noir, haineux à toutes ces personnes. Mon but était atteint. J’avais éliminé celui qui avait transformé ma vie en cauchemars. Alors pourquoi cette soif n’avait encore pas quitté mon corps ?

Ho vous vous demandez sans doute quelle est cette vengeance, et pourquoi mon chemin est semé non pas d’embuches mais de cadavres. Mes placards en sont remplis. Je n’ai pas toujours été comme ça. Cette sorcière ivre de guerre, de sang et de vengeance, ce n’était pas moi, il y a quelques années. Jeune magicienne, je vivais dans un royaume paisible depuis la fin de la guerre qui s’était déroulé durant ma jeunesse. Le royaume était divisé en plusieurs secteurs, chacune des parties était régie par une famille. L’homme que j’avais épousé était un des seigneurs. Au-dessus de ces seigneurs se trouvait le roi. L’heure était très importante. Nous étions sensés accueillir l’un de ces seigneurs, ancien ennemi du fief.

« Es-tu vraiment sûr que c’est une bonne idée de faire venir cet homme ici ?! En sachant que notre armée n’est pas encore tout à fait remise de cette guerre ? »
Les rangs étaient clairsemés. Il y avait beaucoup moins d’hommes cuirassés que naguère, et je me sentais comme en danger. Je percevais… Un mauvais pressentiment. Quelque chose qui me prenais aux tripes, m’empêchais de me sentir à l’aise, et de respirer correctement. Il apaisa mes craintes comme il le faisait toujours. Je lui fis part d’autre chose.

« Tu ne trouves pas que ces derniers temps, il y a plus de monde que d’habitude dans l’enceinte du château ? »

Il haussa les épaules. Mais je sentais qu’il était mal à l’aise sur le sujet. En effet, la famille de petits nobliaux vivaient depuis quelques semaines au château. Et cela était étrange, car ni moi, ni mon époux n’avait entendu parler de ces personnes.


« Vérité, calme-toi, ce n’est sans doute pas grand-chose. »

Oui pas grand-chose. Ce n’était encore pas grand-chose jusqu’à l’arrivée de cet homme qui brisa irrémédiablement ma vie. Quand je vous disais que ma vie était jonchée de cadavres. Cela avait commencé avec la mort de mes parents dans ma prime jeunesse. Suite à la guerre, j’avais ensuite été élevée par ma tante, magicienne au fief où j’étais actuellement. Elle avait elle-aussi finit entre quatre planches. J’avais ce lien tout particulier avec la mort. Comme si elle avait toujours la main sur mon épaule, où que j’aille. Il était arrivé, l’homme était là, il se pavanait de toute sa hauteur, orgueilleux, il semblait tellement froid. Et c’est là que nous avions compris. C’est là que nous avions tous compris. Lorsque tout ce beau monde qui avait peuplé le château pendant des semaines s’était rassemblé autour de lui, des armes en tout genre dans les mains, et que des soldats s’étaient engouffrés comme autant de fourmis au cœur du château. J’avais eu le temps de voir mon amour se tourner vers moi et me dire de fuir, alors que simultanément, un carreau de flèche s’enfonçait dans son corps, transformant sa tunique blanche en tunique carmin. Je voyais notre poignée de soldats pris de surprises, je voyais le château sombrer petit à petit dans le chaos et les ténèbres. Une main se posa sur mon épaule, et m’empoigna fortement, me faisant courir, fuir mon propre foyer. Il s’agissait de notre conseiller, l’homme, sans doute, plus vieux de tout le royaume. Il était aussi ridé qu’une vieille pomme et portait dans le fond du regard une sagesse infinie. Il nous fit passer par des tunnels secrets, permettant une fuite assurée et discrète alors que du château s’échappait les cris de détresses d’hommes acculés, dos au mur. D’hommes condamnés à mourir. Je n’étais pas en mesure de me rendre compte de ce qui m’arrivais, tout simplement parce que je sentais mes émotions émoussés, je me sentais vide… J’étais en état de choc. Nous avions atterris dans une grotte, loin du château. A l’abri, en sécurité. Alors pourquoi j’avais l’impression d’être observé par un démon caché au cœur de l’obscurité ? Je ne réalisais que quelques heures plus tard, ce qui était réellement arrivé. Et tout ça me porta alors le coup fatal. J’avais passé ma vie à faire le bien. A offrir de ma personne à tous ceux qui en ressentaient le besoin. J’avais… Passé… Ma vie… A faire le bien, et voilà comment j’étais récompensée, voilà quelle était la vie qu’on offrait aux « bons » alors que les mauvais pouvaient avoir ce qu’ils souhaitaient. Accédaient à leurs moindres désirs par la ruse. A quoi bon montrer le meilleur de nous-même, alors qu’en face, il n’y a que des hyènes féroces et avides d’hémoglobine ? Je mis du temps à me remettre de toute cette histoire. Et chaque jour… Chaque nuit, cette vielle rengaine était répétée dans le creux de mon oreille. Les soirs, les morts venaient souffler dans mes rêves, mille et une promesses de vie meilleure. Il fallait qu’il paye, pour tout ce qui m’avait été retiré, pour tous les bonheurs dont j’avais été privée. Le château était désormais un lieu hanté, sans repos. Le châtelain avait ordonné de ne mettre personne en terre. De laisser les pauvres âmes sans repos. Ils étaient tous encore là-haut. Et je le savais pertinemment. Il continuait sa cavalcade, allant de fief en fief pour exécuter les mêmes horreurs, et finalement prendre le pouvoir du royaume. Là, au cœur de cette auberge, une seconde guerre se profilait, et mon sang bouillait littéralement de haine. Bien vite, ma route se sépara de celle du conseiller. Le vieil homme ne comprendrait jamais la quête que je devais accomplir. Il n’approuverait pas, alors plutôt que de devoir m’expliquer, je décidais de fuir, emportant avec moi mes maigres économies, et ce cheval que nous avions réussis à nous procurer.

Partie 2 : Devant vous, les rôles seront inversés car le railleur deviendra le raillé !



Le masque de mort rouge était un puissant artéfact magique protégé par les magiciens de la contrée. Hors… Comme magicien, il ne restait que moi. Cet objet appartenait naguère à un sombre mage noir qui avait disparu depuis longtemps, dominé par le prodigieux pouvoir que lui avait fourni le masque. Le masque faisait taire tous sentiments inutiles. Il berçait les cœurs les plus faibles, il tournait la tête des plus sages… Le masque transformait les personnes, qui n’étaient, après cela, plus tout à fait les mêmes. Il y avait cette part d’ombre qui noircissait le cœur des plus purs. Il corrompait tout ce qu’il touchait, mais il offrait protection et puissance magique. Et c’était tout ce qui importait. Je devais tout faire pour mettre hors d’état de nuire cet homme, et enfin offrir le repos à tous mes proches. Leur offrir une sépulture descente et un repos que j’espérais au plus profond de moi, éternel. Je n’étais pas retournée au château. Pour quoi faire ? Voir ces corps laissées en place dans ce charnier qui autrefois avait été ma demeure ? Je n’étais pas stupide, et je n’étais pas prompte à l’autoflagellation. Du moins pas tant que je n’étais pas sûre de réchapper vivante de ce charnier. La peine comprimait mon cœur, et parfois, je priais au plus profond de mon âme pour que mon cœur cesse de battre. Pour qu’il s’arrête tout simplement dans mon sommeil afin de ne pas aller au bout de mes sombres desseins. Le masque se trouvait à l’autre bout du royaume. Dans un lieu gardé secret et dont seuls les magiciens initiés connaissaient le passage. Etant la seule à être encore en vie, j’étais la seule à connaître cet objet magique. Je n’osais vraiment penser à l’après. Je me contentais de raisonner comme une survivante. Une fille qui a échappé de peu à la mort. On pense au présent, on ne prévoit pas 100 000 autres actions, et surtout… on ne se projette pas dans l’avenir. On survit. On amasse le maximum d’armes pour se défendre, et on se bat, on sort les griffes et on utilise l’énergie du désespoir. Etait-ce vraiment seulement un fonctionnement de survivante ? N’était-ce pas une sorte de moyen de me draper de tous ces artifices, et de partir tout en emportant le plus de personnes en ma compagnie ?! N’était-ce pas… Un moyen de flamboyer jusqu’à la fin ? Aucun moyen de décortiquer vraiment ma psyché, surtout étant donné la confusion qu’était devenu mon esprit. Le manque de sommeil avait creusé des sillons noirs sous mes yeux, mon visage avait minci, perdu ses rondeurs en somme, toutes enfantines.
Au bout de quelques jours de chevauché, j’arrivais finalement à ce lieu. Le reste du monde voyait sans doute un sanctuaire dédié à quelques dieux oubliés, un lieu en ruine. Et le lit de cendre qui se trouvait au centre de la seule pièce donnait raison à mon hypothèse. Je m’approchais d’un des murs. Sur ce dernier était dessinée une fresque. C’est ainsi que je récitais devant ce dernier une phrase apprise depuis bien longtemps dans un dialecte disparut depuis des centaines d’années. Le mur laissa alors apparaître une arche arrondie, permettant à quelqu’un de s’y faufiler. Ce que je fis. Je descendis ensuite une volée de marche, avec comme seule lumière, un feu follet que j’avais fait apparaître par magie. Tout en bas se trouvait une crypte où des centaines de crânes m’observaient de leurs yeux vides. J’étais venue de nombreuses fois, ici, gamine. Pour observer ce masque magique. Pour écouter ma tante me mettre en garde… J’avais passé trop de temps à craindre cet objet. Non… Maintenant il était désormais l’heure d’accepter tout ce que me promettais le masque. De prêter oreille aux doux chuchotements que j’entendais au creux de mes oreilles. Des milliers de voix, toutes semblables, et pourtant tellement différentes.

« Attrape ta destinée, je te rendrais forte… Tellement forte… Tu verras, plus personne n’aura à mourir, je te le promets. Ecoute moi, approches toi… Oui… Plus près, tu verras, plus personne ne pourra te faire peur. »

Alors, j’attrapais du bout des doigts le masque, pour le porter à mon visage. Et là… A cet instant… Toutes ses belles promesses se réalisèrent. Je n’avais plus peur… Je n’avais plus cet étrange chagrin pour me paralyser. Je ne ressentais rien, à part cette soif avide de sang et de vengeance. Je voulais détruire. Je voulais annihiler cet être, le briser tout comme il avait brisé mes rêves, mon avenir, ma vie. Je voulais faire de sa vie un enfer. Un éclat rougeoyant de haine froide brûla dans le fond de mon regard. Alors que j’observais tous ces crânes. La mort ne sera pas la pire chose à laquelle ce châtelain bien trop barbare et ambitieux aura affaire. Un sourire tordit mon visage. Il sera brûlé, son cœur, transpercé, sa vie sera rayé. Oui… Oui… C’était le seul moyen d’éteindre le feu qui brûlait au plus profond de mes veines. Le seul moyen d’oublier cette douleur. Je lançais un regard mauvais à tous ces crânes qui me fixaient, avant de filer sans même jeter un regard en arrière. Le masque de la mort rouge représentait un crâne. Une petite voix me soufflait qu’il s’agissait vraiment d’un crâne, de celui d’un sorcier. Mais j’étais loin de trouver ça répugnant ou effrayant. Je n’étais plus la vulgaire magicienne de pacotille. J’étais la sorcière, et tout cela allait changer à partir de maintenant.

Partie 3 : Dans ce monde où le bouffon peut être roi, je rendrai ma justice comme il se doit !


« Maîtresse ! Maîtresse ! Elles sont là. Elles sont ici ! Elles viennent avec le chaudron ! »

Cela faisait quelques mois depuis que j’avais revêtu le masque magique. J’étais retournée au château et je convoitais depuis tout autant de temps un chaudron magique capable de me créer ma propre armée, avec tous ces squelettes qui peuplaient mon donjon. Cela faisait aussi quelques mois que cette petite créature m’accompagnait peu importe où je me rendais. Une créature défigurée et immonde à mi-chemin entre le gobelin et la grenouille. Il était fidèle quoi qu’incroyablement stupide. Ça tombait bien, j’avais besoin d’un demeuré pour me passer les nerfs. Il se précipita vers moi, couvrant mes mains pourvues de bagues de baisers baveux. C’était… Purement répugnant. Mais avec cette créature, j’avais l’impression d’être l’être le plus important de la planète.

Le seigneur qui avait retiré tout mon bonheur de sous mon nez était finalement devenu roi, après avoir mis le royaume à sac, il avait posé son royal derrière sur le trône. Mais ça n’allait pas durer. Je le promettais. Ma quête était loin d’être noble. Et cette tâche d’encre au plus profond de mon cœur prenait de plus en plus d’ampleur. Bientôt, il ne resterait qu’un bout de charbon de ce petit palpitant. Mais ce n’était pas le seul changement. Le masque avait quelques effets sur ma physionomie. Je posais mes fins doigts sur mon crâne, y trouvant deux petits bosses. Elles poussaient à chaque fois que j’utilisais la magie. Ces petites cornes pouvaient encore être cachées sous ma chevelure dorée.

« Qu’en as-tu à faire ? »
me chuchota cette petite voix sifflante.

Mon regard se vida un instant. Oui… C’était vrai. Etait-ce réellement important ? Non… Absolument pas. Les trois dames arrivèrent alors. Trois sorcières qui peuplaient le bois. Deux d’entre elles portaient un chaudron. L’objet que je convoitais.

« Crapaud ! Vas donc chercher ce que j’ai promis. »
L’être apparut dans une démarche claudicante sur ses petites jambes arquées. Il s’aidait de sa main griffue pour avancer. Il déposa finalement l’objet au creux de ma main, et je finis par le remettre aux trois sorcières.

« Rappelle-toi bien… Que ce n’est qu’un prêt ma chérie. Tôt ou tard, nous viendrons récupérer le chaudron. »

Et à ces mots, elles disparurent dans un nuage brumeux. Un rire s’échappa de ma gorge enrouée. Enfin… Enfin… Je frissonnais de plaisir plaquant mes mains de chaque côté de mes épaules. Histoire de me donner une quelconque contenance. Enfin… Oui enfin. J’en pleurais presque tellement j’avais attendus ce moment, mais à nouveau ma tête se vida. Le masque tenait ses promesses, j’avais un réel filtre à émotion qui m’empêchait de ressentir avec trop de force les choses. J’attrapais le chaudron et étais aidé par crapaud. Il trépignait aussi d’impatience. Le chaudron et son énergie maléfique faisait briller mes yeux de malice. Cette énergie me picorait la main. C’était comme si un bon million de serpents s’amusaient à me mordre le bout des doigts… C’était si bon. Une fois au sous-sol, j’attrapais le premier cadavre et le jetais dans la marmite sans une once de pitié. Une brume verdâtre se mit à s’élever du chaudron. Lorsqu’elle atteignit mes chevilles, un frisson me parcourus, tandis que mon palpitant me montrait qu’il n’était pas tout à fait mort. Un rire sortit de ma bouche, à nouveau, alors que mon armée s’éveillait une seconde fois. Je jetais un regard à ces squelettes se recouvrant à nouveau de chair et de muscle. Jetant un regard mauvais à l’assistance, je me mis à parler d’une voix aussi douce et froide qu’un couteau.

« Mes amis… mes bons amis… Vous n’avez eu droit à une sépulture descente. Mais ce n’est pas le sujet. Aujourd’hui… Nous allons traiter d’un sujet fichtrement plus grave… Qui est… Bouter ce despote du pouvoir pour me permettre de gouverner avec autant de clairvoyance que lui. »

Le cynisme devrait être interdit tellement c’était désobligeant. Mais au moins, je savais très bien quelle ambition je mettais derrière cette pseudo « guéguerre » pour venger mes amis. Depuis que j’avais ce masque en ma possession… Les amis n’en étaient plus vraiment. Seul comptait moi, et ma réussite. Mon ambition… Et la destruction de ce roi ou plutôt de cet usurpateur. La seule personne qui le méritait… C’était moi. Moi et moi seule. Une expression dure passa sur mon visage, alors que j’observais tous ces êtres qui ne pouvaient plus être qualifiés d’humains. Mon regard s’attarda sur l’ancien seigneur à qui j’avais offert mon cœur. Quelque chose me parvint, comme un écho. Un souvenir heureux. La voix me murmura de délaisser tout ça, mais je n’avais pas envie de l’écouter cette fois, alors je la fis taire avec une infinie facilité.

« Toi. Reste avec moi, les autres, battez la campagne… J’ai toute une liste de traitres à détruire… Oui… Le sang coulera aujourd’hui, je peux vous le promettre. »
Le nom des ordures avait été donné, je m’assis donc sur le siège du hall. Me massant le crâne. Une douleur vive me fit grimacer.

« Maîtresse ! Maîtreesse ! Ça ne va pas ? Que puis-je faire pour vous ?! »

Je jetais un regard noir à Crapaud. Avant de persifler d’une voix dure :

« Rend-toi donc utile, idiot ! Va me chercher de l’eau, et bien fraîche ! »

Il partit, mais le fils du chaudron était plus rapide. Il était étrange de voir qu’il avait le même visage qu’un homme que j’avais apprécié. Mais qu’il ne restait derrière ces yeux vides, rien d’autre, aucune humanité capable de rassurer la personne en face de lui. J’avalais l’eau cul sec. Avant d’être interpellée par une petite voix.

« Maîtresse… Maîtresse… Sur votre tête ! »

Je tâtais méthodiquement mon cuir chevelu pour y trouver deux appendices pointus. Lorsque je retirais ma main, elle était couverte de sang. Le pire… C’est que plus j’utilisais mes pouvoirs avec ce masque sur le visage, plus ces cornes poussaient… Et plus je voulais utiliser cette magie ténébreuse. Elle me picorait la peau, m’électrisais, et me donnais l’impression de vivre.

Partie 4 : Et devant vos  yeux rien que pour ce soir, je vais devenir un monstre de foire !


Le problème, quand on s’engouffrait dans une voie aussi sombre, c’est qu’on descendait sans cesse dans les méandres, en voulant chasser le monstre, on en devient soi-même un. Ces cornes ne cessaient de croître au sommet de mon crâne, mon regard bleu admirait les hommes et les femmes présents devant moi.

« Alors… Avez-vous retrouvé la trace de ce porc ? Il me le faut… Il me le faut. Et s’il faut que je me déplace moi-même pour l’obtenir, je le ferais, vous n’êtes que des incapables. »
Ce porc, il était mon seul moyen de retrouver le roi Prospero. Ce dernier avait fui avec sa cour. Il s’était réfugié dans un lieu dont tout le monde ignorait l’existence. Je ne pouvais rester sur un échec. Il était hors de question. Sa mort était le seul moyen d’éteindre le brasier qui faisait rage au plus profond de moi. C’est ainsi que je parvins finalement à m’emparer de la bête, grâce à ces créatures hideuses et volantes qui avaient vues le jour grâce à une poignée d’os et un peu d’argile. Ils avaient enlevé le cochon, et le porcher était venu de lui-même pour « libérer » la bête. Ils m’offrirent finalement ce que je souhaitais.

« Enfermez-les dans les cachots. »

Enfin, la chevauchée allait pouvoir commencer. Je choisis quelques fils du chaudron, et les menèrent jusqu’à l’endroit. Ce que je devais faire était très simple. Mais surtout, je devais le faire seule. Je les laissais devant le sanctuaire où avait élu domicile tous ces traitres, vêtue de cet éternel masque ainsi que d’un linceul pourpre, je passais les portes sans une once d’un regret. Il y avait en tout sept salles. Chaque salle possédait une teinte qui lui était propre. La première était bleue, la suivante pourpre, puis verte, orange, blanche et violette. La dernière était fuie de tous. Personne n’osait pénétrer dans la pièce noire. Les tapisseries étaient d’ébène, et la lumière était aussi rougeoyante qu’une belle marre de sang frai. Dans cette pièce se trouvait une horloge qui sonnait chaque heure. Le son était discordant et omniprésent, forçant les musiciens à arrêter de jouer.

Prospero était là, parmi ses courtisans. Il se dressait fièrement, ne semblant pas voir le monde qui l’entoure. Mon arrivée passa inaperçu, alors qu’ils festoyaient dans un lieu fortifié qu’ils pensaient protéger. Mais l’abbaye ne pouvait me résister. Puisque j’étais dotée de nombreux pouvoirs. Je sentais les regards se poser sur moi, je les voyais, affolés, comme autant de petits animaux effrayés de voir un carnivore. Un monstre. Car n’était-ce pas, dans le fond, ce que j’étais moi-même devenue ? Un monstre ? Si, mais je ne m’étais jamais voilé la face. Mon regard croisa celui du roi, et j’y lu la colère et l’énervement, face à un accoutrement aussi morbide.

« Qui es-tu, toi qui ose te présenter dans mon sanctuaire dans pareil accoutrement ?! Qui es-tu ?! »

Partie 5 : Je savoure alors ma courte revanche tandis que ton sang coule sur les planches...

Moi… Moi je n’étais personne, et j’étais tant de monde à la fois. Le masque me susurrais mille et une sévices à faire saisir à ce traitre. Il me parlait, me harcelais… Toutes ces voix dans ma tête… Aucun son ne sortit de ma bouche tendais que mon regard était figé sur lui. Il était prélassé dans un siège, ses favorites tout autour de lui. Cet homme me dégoutait au plus haut point… Je le haïssais aussi fort qu’il était possible de haïr quelqu’un. Mais je tenais finalement sa vie entre mes griffes. Il s’était dressé et avait sorti un poignard de sa ceinture. Pauvre fou… Que cherchait-il donc à prouver ? Rien de bien important, du moins était-ce ce dont j’étais persuadée. Devant la lame, je choisis de fuir. De lui laisser ce fol espoir de croire qu’il pourrait un jour venir à bout de celle que j’étais devenue. Je voulais lui laisser ce même espoir que j’avais eu. Priant chaque jour pour voir mon mari sortir de ce château, de ce tombeau. Priant chaque jour pour oublier ma douleur, mais aussi ma peine. Suppliant chaque jour ce doux brasier sombre de me laisser en paix. Me pliant devant ces morts qui venaient sans cesse hanter mon sommeil. Je voulais… Lui arracher cette foi. La détruire, lui arracher les ailes. Et je courrais, la foule s’écartait effrayé. Nous commencions par la bleue. La couleur de la naissance, de la joie, et remontions une à une toutes les étapes de la vie. A chaque salle, l’horloge pouvait sonner un coup. Il était minuit. Une fois dans la troisième salle, il y eut bien trois coups avant qu’il n’ose armer son couteau, et n’essaye de le planter dans ma chair. Mais c’était trop tard.

« Utilise-moi… Tu sais comment faire, tu le sais très bien… »
Oui je le savais. Je le savais plus que quiconque, et je savais tout aussi bien que je n’aurais aucun regrets. Je brandis une main couverte d’un gant en velours noir, alors que ma magie sévit, emplissant l’air de cette pression maléfique et oppressante. Ses pieds quittèrent le sol, il empoignait sa gorge, comme si agir ainsi allait lui permettre de faire quoi que ce soit. Je retirais mon masque, laissant apparaître mon visage, un sourire torve s’étalait sur mon visage alors qu’un gloussement se fit entendre.

« Tu sais Prospero… J’aurais sans doute pus prendre mon temps pour t’achever… Malheureusement nous ne sommes pas seuls. Alors nous allons écourter cette entrevue… Car mon programme est chargé, j’ai un royaume à dominer. »

D’un simple geste de la main, je jetais son corps, qui alla s’écraser telle une poupée désarticulé. D’une voix forte et ferme, j’appelais mes guerriers qui se précipitèrent dans la pièce. Ce fut finalement le chaos le plus total. Mais moi j’étais penchée sur le corps de l’ancien monarque. J’avais attrapé la couronne qu’il avait laissée. Enfin… J’allais être reine. J’allais pouvoir régner. Il n’y aurait pas de place pour les traitres… Donc il ne devait y avoir personne d’autre que moi et mes guerriers n’est-ce pas ? J’essayais de mettre la couronne sur ma tête, mais ne pus finalement pas le faire, quelque chose bloquant ce geste. Et je compris bien vite pourquoi lorsque mon regard croisa le miroir. Des bois de cerfs s’élevaient de ma tête dans un entremêlement gracieux et complexe. Baissant un regard vers le mort, je pestais.

« Décidément… Tu ne feras jamais rien pour m’arranger. Mais je n’ai pas besoin. »

Je me détournais avant de me stopper soudainement. Mes guerriers, mes fidèles guerriers… ils étaient en train de fondre comme des bougies géantes, laissant apparaître les os mis à nus. Au sol jonchait les morts, je sortis dehors, à la lumière des torches, pour retrouver une belle brochette de héros et mon ami le gardien de cochon en première ligne.

« C’est fini, le chaudron ne marchera plus jamais.  La seule chose qui t’attends, c’est la prison. »

Mon regard se vida un instant, alors que le masque disparaissait comme par magie, mais ça… Personne ne put le voir, personne, non plus, ne porta attention à la bague qui s’était matérialisé à mon doigt. Mon regard se fit fatigué alors que je posais les yeux sur le porcher.

« Tue moi… Car si un jour je sors, vous aurez de sérieux soucis à vous faire. Tue moi je te dis ! ALLER ! »

Il n’en fit rien, et je finis derrière les barreaux. Du moins… Jusqu’à la fameuse malédiction, me faisant pénétrer à Storybrooke. Cette charmante petite ville où les joyeuses fins n’existent pas. Elles n’existaient déjà pas pour moi… Alors le changement n’est finalement pas trop rude. Mais un jour… Un jour ce chaudron sera à nouveau à moi.
A Storybrooke, je tiens ma petite entreprise de pompe funèbre, rien de bien joyeux me direz-vous. Pour autant... Fait-il bon vivre à Storybrooke ? Je ne pense pas... Quelque chose de sombre se prépare, et je pense que nous ne sommes pas au bout de nos peines. Cependant... Il est hors de question que je retournes dans la forêt enchantée. Ici, je suis libre !
J'avoue ne pas avoir apprécié la perte momentané de mes souvenirs... C'était donner à autrui un pouvoir sur moi, oublier tout ce pan de ma vie, j'avais juste l'impression d'être un monstre dans un corps d'agneau. Avec les souvenirs ce n'est pas franchement mieux... Mais au moins j'ai une raison de vivre ! Me venger de ceux qui m'ont emprisonnée durant plusieurs années.

Le plaisir fut court bien qu'assez intense
Comme peut l'être un sentiment de vengeance
A mon tour de tirer ma révérence.


Description Psychologique

Certains diraient qu’il est dommage d’avoir perdu cette partie de moi si adorable. A ceux là, je leur ris au nez. Ce n’est pas « la partie adorable » que j’ai perdu. Mais plutôt la partie faiblarde. La partie qui ne ferait rien d’autre que de me ralentir. J’ai lourdé le poids mort, me voilà fonctionnelle à tous les niveaux. Ho je ne suis pas la bonne voisine prête à vous faire des tartes, loin de là… Comme vous aurez sans doute pus le remarquer, mon petit monde gravite autour de la vengeance, je n’oublie jamais rien. Le drapeau blanc n’existe pas. Rancunière au possible, on pourrait croire qu’avec le masque je ne ressente rien, mais la réalité est bien différente… Je suis juste coupée des émotions qui me freinent. La peur et la tristesse n’existent pas, du moins j’aime à le penser. Et une partie de moi en est sûre. Mais n’allez pas croire que je suis dédiée à une cause vengeresse comme ces déesses grecques dont parlent les livres, les Erinyes, les furies. Oh je suis une furie… mais ma vie ne tourne pas tout à fait autour de la vengeance. Autour de ce gros noyau dur et froid gravite d’autres choses comme la colère, la manipulation, l’ambition dévorante…
J’ai fais mon deuil forcé, je sais que je ne serais jamais heureuse. Je sais que dans ce monde comme dans l’autre, les gens comme moi ont des destins tragiques. Je suis née sous une mauvaise étoile. Mais tant que j’aurais cette bague à mon doigt, cette bague en forme de crâne, alors tout ira mieux. Alors je n’en aurais rien à faire. Des autres, du monde, de celle qui se reflète chaque matin dans le miroir.

Mon être ? Il est aussi froid que l’hiver, aussi sec que le désert. Et pourtant, pourtant il existe encore certaines choses qui m’offrent la possibilité de me sentir vivante. Je serais cantonnée dans mon rôle de méchante idiote, je dirais que la souffrance des autres et bien suffisants. Qu’on vit d’horreur et d’eau fraiche. Mais… Je ne peux pas couper les ponts avec le reste du monde. Parce que j’ai encore un pied dedans. Alors j’observe ces êtres que je déteste. Je hais plus que tout voir le bonheur sur leurs traits. J’aime autant que je déteste. Je suis ambivalente, et je le serais toujours. Ne sachant que choisir entre la haine et l’amour.

Je connais ma beauté et le regard que posent les autres sur moi. J’y lis parfois l’envie, parfois la jalousie. Ces regards contribuent aussi à me dire qu’il y a quelque chose de vivant au fin fond de ce cœur de vieille sorcière nécromancienne du dimanche. J’aime voir les regards couler sur moi… Leurs yeux m’effleurer, chargés de désir ou d’éclairs. Et j’en joue, je charme, je titille et j’endosse le rôle qu’on a choisi pour moi. Parce que… Au final, n’est-on pas les pantins d’une force bien plus grande ?

Ce après quoi je cours à Storybrooke ? Cette bande d’idiots qui ont fait de mon règne le plus court de l’histoire. (Dix minutes… C’est pas mal déjà… Combien courent après le pouvoir sans jamais l’atteindre ?!) Mais aussi après ce chaudron. Je sais au fond de moi qu’il est toujours là… la bague me le murmure chaque soirs, dans l’obscurité, j’entends sa voix douce et enchanteresse.
Des passions ? J’en ai... J’ai une petite biche qui m’attends au fin fond de mon garage par exemple, une deux roues qui fait bien deux fois mon poids que j’enfourche chaque matin pour me rendre au boulot… Et ces plans toujours plus nombreux que j’élabore pour le plaisir sans pour autant les exécuter. De toute façon… On va tous mourir à un moment à un autre. Parfois il vaut mieux laisser le temps agir pour nous.

Vous allez sans doute croire que je suis folle… Que j’ai perdu la raison. Mais en réalité… Ce que vous ignorez, c’est que je suis plus « consciente » que le reste du monde. Je n’ai pas besoin de raison, puisque je n’ai pas ce filtre de perception que certains ont et qui modifie leur vision du monde pour la rendre flou. Non… Moi je suis bien plus clairvoyante. Je vois le monde tel qu’il est, et tel qu’il sera toujours. Toujours décidé à s’approcher ? Alors… Vous risquez de vous prendre dans une toile et de ne plus jamais en sortir.



Reality


Pseudo : Zazou toujours  
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Double Compte : Victoria & Bagheera
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Mar 5 Juil - 21:43

bienvenue parmi nous ^^


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Mar 5 Juil - 22:48

Merci beaucoup Ichy !


Mes démons me font la guerre, moi j'veux la paix
Je les fais taire sous les néons ultraviolets
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Mer 13 Juil - 17:32

Bienvenue parmi nous.
J'espère que tu te plairas ici.
Amuse toi bien.
A trés vite!
Elsa.




Winter Is Coming
Ma fiche - Mon carnet de RPs - Ma fiche de liens - Mon book

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Killinours
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Ven 15 Juil - 21:57


Welcome to Storybrooke


Re-re-bienvenu à Storybrooke. Je te valide donc. On fait la mise à jour de tes informations (qui sont partiellement déjà à jours comme Nemo est dans le bottin), mais tu peux désormais RP. Penses également à remplir ton profil. Tu peux également t'occuper de tes relations ou gérer tes RP.





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